Le badge et logo de "J'accueille l'étranger". Crédit : jaccueilleletranger.org
Le badge et logo de "J'accueille l'étranger". Crédit : jaccueilleletranger.org

Des personnes engagées dans l’aide aux migrants ont décidé de porter un badge assorti du slogan "J’accueille l’étranger" pour donner de la visibilité à leurs actions solidaires et susciter le débat.

Ils ont choisi de sortir de leur réserve pour afficher leur engagement en portant un badge "J’accueille l’étranger". À partir du 3 juillet, on pourrait identifier dans le métro parisien ou dans la rue des personnes qui accueillent les migrants et qui souhaitent le faire savoir haut et fort.

À l’origine cette initiative, deux écrivains, Philippe Aigrain et Marie Cosnay, soutenus par une quarantaine de personnes engagées dans des actions de solidarité avec les réfugiés, dont d’autres auteurs, des artistes, des philosophes ou des responsables d’institutions juridiques ou culturelles en lien avec la question migratoire.

Forcés de rester "invisibles"

"Nous sommes partis du constat que le grand public ignorait qu’en France il y a une masse de gens impliqués dans l’aide aux migrants ou sympathisant avec cette idée. Et les conditions dans lesquelles nous exerçons notre militantisme font qu’il y a peu de situations dans lesquelles nous pouvons afficher l’aide que nous apportons. Nous sommes parfois forcés de rester invisibles pour ne pas desservir, dans certaines situations, les personnes qu’on héberge ou qu’on accompagne" explique Philippe Aigrain. Il évoque un autre déclencheur : le projet de loi "Asile et immigration", en cours de discussion au Sénat et accusé par nombre d’associations et d’ONG de durcir la politique migratoire de la France.

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Susciter le débat sans faire courir de risque aux migrants

L’idée n’est pas née d’un besoin de reconnaissance individuelle, mais dans le but de "faire connaitre les pratiques d’aide et d’accueil" dans un contexte jugé "hostile" par beaucoup de personnes qui viennent en aide aux migrants, indique Philippe Aigrain.

Le badge est censé "susciter le débat". Et les initiateurs préviennent des risques que cela peut engendrer. Ils donnent des précautions à prendre : "Le port ou la diffusion des signes dans l’espace public peut donner lieu à des réactions hostiles de certaines personnes. Si la discussion paraît possible, elle fait partie des objectifs que peut avoir l’action".

Le port du badge est difficilement répréhensible, rassure Philippe Aigrain, mais il préfère donner une ultime recommandation, celle de "veiller à ne pas faire courir de risques aux personnes accompagnées" car si la promotion de la visibilité de l’accueil n’est pas un acte polémique, elle peut être néanmoins perçu comme une provocation par certains.

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Les badges et autocollants sont disponibles sur la plateforme jaccueilleletranger.org. Plus de 4000 ont déjà été commandés par des associations, collectifs et individus actif auprès des migrants, depuis le lancement du projet le 20 juin.

 

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