Dans le nord de la Bosnie, les migrants vivent dans des conditions effroyables en attendant de passer en Croatie. Crédit : InfoMigrants
Dans le nord de la Bosnie, les migrants vivent dans des conditions effroyables en attendant de passer en Croatie. Crédit : InfoMigrants

Débordée par les arrivées de migrants, la Bosnie a prévenu l’Union européenne : le pays ne peut pas devenir une sentinelle de l’UE. Le Premier ministre veut un nombre d’entrées dans le pays proportionnel "au nombre de sorties".

C’est l’un des derniers pays des Balkans à ne pas encore avoir intégré à l’Union européenne (UE). Mais au-delà de la frontière nord de la Bosnie, on est déjà dans l’UE.

La Bosnie refuse de devenir la sentinelle de l’UE. Alors que des milliers de migrants sont entrés en Bosnie depuis le début de l’année 2018, les autorités bosniennes ne cachent plus leur agacement face à Bruxelles.

"Nous ne pouvons pas transformer la Bosnie en ‘hotspot’. Nous pouvons être uniquement un territoire de transit", a averti Dragan Mektic, ministre de la Sécurité, lors d'une visite la semaine dernière à Bihac, dans le nord-ouest.

Rejoindre l’UE

Pays pauvre et fragile, la Bosnie n’a pas les moyens de gérer convenablement les quelques 65 000 personnes qui se sont regroupées dans cette petite ville, dans l’espoir de passer la frontière et d’entrer en Croatie.

Bruxelles a récemment refusé de financer un centre d'accueil dans la commune de Velika Kledusha, elle aussi située dans l’ouest bosnien. Selon Dragan Mektic, l’UE jugeait qu’il se serait trouvé trop près de sa frontière et préférerait installer des centres plus éloignés.

Un choix qui ne tient pas compte du fait que, parmi les migrants présents en Bosnie, tous veulent rejoindre l’UE et cherchent donc à passer la frontière chaque jour.

Malik, un Irakien de 19 ans installé à Velika Kledusha a confié à l’AFP qu’il n’irait pas dans un camp l'éloignant de la frontière : "Les gens ne veulent pas rester ici, ils veulent finir leur voyage."

>> À lire : Bosnie : des migrants renoncent aux centres d'accueil pour ne pas retarder leur passage en Croatie

"Cette situation dépasse nos capacités"

Le Premier ministre Denis Zvizdic a lui mis en garde contre tout projet "de l'Union européenne, notamment de la Croatie", de faire de la Bosnie "une impasse pour les migrants". Et de prévenir : ils "pourront entrer en Bosnie proportionnellement au nombre de sorties dans la direction de l'Europe".

Pour le moment, les camps ne cessent de grossir à Bihac et Velika Kledusha. Les migrants, dont des familles avec de jeunes enfants, y vivent dans des conditions inhumaines.

>> À lire :"Il n'y a pas pire qu'ici", dans le nord de la Bosnie, les migrants vivent dans des conditions effroyables

Le maire de Bihac, Suhret Fazlic,se dit abandonné par le gouvernement. "Nous ne voulons pas être xénophobes, nous souhaitons aider les gens, et c'est ce qu'on fait au quotidien. Mais cette situation dépasse nos capacités."


 

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