Luka Modric lors du match Russie - Croatie, en quart de finale de la Coupe du monde 2018. Crédit : Reuters
Luka Modric lors du match Russie - Croatie, en quart de finale de la Coupe du monde 2018. Crédit : Reuters

Il est avec son équipe en finale de la Coupe du monde 2018 qui se jouera dimanche 15 juillet en Russie. Avant de connaitre le succès, le capitaine de la sélection croate a connu les horreurs de la guerre. À seulement six ans, Luka Modric a dû fuir son village natal lors de la guerre d’indépendance de Croatie.

Si vous suivez la Coupe du monde de football, le nom de Luka Modric ne vous est sûrement pas inconnu. Mais saviez-vous qu’avant d’être une star du ballon rond, le capitaine de l’équipe nationale croate a dû fuir sa ville natale pour échapper à la guerre d’indépendance de Croatie ?

Modric est né le 9 septembre 1985 dans le village de Modrici, sur les pentes du massif de Velebit qui surplombe l’Adriatique. Son grand père est tué par les forces serbes durant les premiers mois du conflit, en 1991, qui fera quelque 20 000 morts. La maison qui abrite toute la famille est aujourd’hui en ruines, tout près d’un panneau annonçant "Danger ! Mines", rappelant ce passé sombre.

Après ce douloureux épisode, Luka Modric et sa famille fuient à 40 kilomètres de là, dans la ville côtière de Zadar. C’est ici, dans le fracas des bombes qui s’abattent sur le petit port, que va éclore l’un des plus grands talents contemporains du football européen.

"J’avais entendu parler d’un petit garçon hyperactif qui dans un couloir d’hôtel ne cessait de taper dans un ballon et dormait avec", se souvient Josip Bajlo, alors entraîneur de l’équipe fanion du NK Zadar. Le talent du garçon apparaît comme une évidence. "Il était une idole pour ceux de sa génération, un leader, un chouchou. Les enfants voyaient déjà en lui ce que nous voyons aujourd’hui", poursuit l’entraîneur aujourd’hui âgé de 74 ans.

La guerre a forgé son caractère

La star croate grandit dans une ambiance terrifiante. "C’est arrivé des millions de fois que les bombes se mettent à tomber alors que nous allions à l’entrainement, nous forçant à courir vers les abris", détaille Marijan Buljat, un camarade de Luka Modric, également formé au NK Zadar.

Lui-même ancien professionnel, Marijan Buljat, 36 ans, est convaincu que les difficultés de la guerre "ont contribué (…) à ce qu’il devienne un des meilleurs joueurs du monde", lui forgeant une grande force de caractère.

Son immense popularité en Croatie a cependant été ternie l’an dernier par un scandale de corruption qui ébranle le monde du football croate. Luka Modric est soupçonné d’avoir livré un faux témoignage lors du procès de Zdavko Mamic, accusé de malversations sur des transferts dont celui de Modric du Dinamo Zagreb au club londonien de Tottenham en 2008.

Le scandale n’a cependant pas affecté la star croate. "C'est un garçon qui sait ce qu'il veut, la vie lui a enseigné ça, il a vécu des choses bien pires quand il était enfant", dit Svetko Custic, actuel dirigeant du NK Zadar, qui connaît Modric depuis l'enfance. D’autant que le joueur qui évolue aujourd’hui au Real Madrid a effacé en un match le ressentiment qui commençait à apparaître chez ses supporters grâce à ses performances lors de la coupe du monde 2018, emmenant ses coéquipiers jusqu’à la finale qui se jouera le 15 juillet face à la France.

 

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