Le Sarost 5 a pu accoster en Tunisie mercredi 1er août 2018. Crédit : Chamesddine Marzoug
Le Sarost 5 a pu accoster en Tunisie mercredi 1er août 2018. Crédit : Chamesddine Marzoug

Mercredi 1er août vers 13h30, le Sarost 5 a enfin pu accoster au port de Zarzis, en Tunisie. Les 40 migrants et les 14 membres d’équipage étaient bloqués depuis le 16 juillet en pleine mer, au large de la Tunisie, suite aux refus des autorités tunisiennes de les laisser débarquer.

C’est la fin d’un calvaire qui aura duré plus de 15 jours. Le Sarost 5, navire de ravitaillement tunisien, avec à son bord 40 migrants et 14 membres d’équipage a pu accoster au port de Zarzis, en Tunisie, vers 13h30 mercredi 1er août. Selon la correspondante de RFI en Tunisie, Perrine Massy, le Sarost 5 était escorté par cinq navires militaires.

"Ça y est, c’est fini !", s’est réjoui un membre d’équipage contacté par InfoMigrants.

À leur arrivée, la fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-rouge, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale des migrations (OIM) étaient présents pour les accueillir.

Face au refus des migrants de descendre du bateau, les associations ont dû monter à bord pour les rassurer. "Ils avaient peur d’être envoyés en prison ou dans leur pays d’origine. On leur a assuré qu’ils seraient libres de leur mouvement et ils ont accepté de sortir calmement du Sarost 5", explique à InfoMigrants Mongi Slim, du Croissant rouge tunisien.

Les deux femmes enceintes et la personne blessée ont été conduites à l’hôpital de Zarzis. Les autres ont été dirigés vers le foyer de Médenine, à l’ouest de Zarzis, où ils bénéficieront d’un hébergement, de nourriture et de soins médicaux. Ils pourront y rester jusqu’à 60 jours. "Après, il faudra qu’ils prennent une décision : profiter d’un retour volontaire dans leur pays avec l’aide de l’OIM ou demander l’asile auprès du HCR", précise Mongi Slim. "Mais d’expérience, je pense que la plupart d’entre eux vont retourner clandestinement en Libye pour retenter d’atteindre l’Europe", estime ce membre du Croissant rouge tunisien.

Après avoir secouru les migrants en pleine mer, au large de la Libye, le 15 juillet, le Sarost 5 s’était dirigé vers la Tunisie. Mais le pays avait refusé de les accueillir, de peur de devenir à terme un "port sûr" de référence pour les États européens qui cherchent des plateformes de débarquement dans les pays du nord de l’Afrique.

 

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