Le portable est un outil indispensable aux migrants tout au long de leur voyage (Image d'illustration / Archive). Crédit : DPA
Le portable est un outil indispensable aux migrants tout au long de leur voyage (Image d'illustration / Archive). Crédit : DPA

Depuis 2016, un groupe Facebook créé par un jeune anglais permet à des migrants de recevoir, via des systèmes de donation, du crédit téléphonique. Avec près de 80 000 membres à son actif, cette initiative a déjà permis de collecter plus de 700 000 euros.

Pour les migrants en route vers l’Europe, les smartphones sont un outil de voyage indispensable, à la fois pour garder contact avec leurs proches, organiser leurs déplacements ou encore s’informer sur le pays dans lequel ils sont. Mais pour l’utiliser, encore faut-il avoir assez d’argent pour le recharger en crédit.

Pour remédier à cette difficulté, James Pearce, originaire de la région de Norfolk en Angleterre, a créé en 2016 "Phone credit for refugees & displaced people" (PC4R), un groupe Facebook d’entraide permettant à des particuliers d’offrir du crédit téléphonique à des migrants.

C’est après un voyage à Calais, en tant que bénévole, que le jeune anglais a eu l’idée de ce projet, qui réunit aujourd’hui 80 125 membres sur Facebook. "J’avais été très marqué par la 'Jungle' et le dénuement matériel sur place. La priorité pour les migrants, c’était de manger, avoir des vêtements propres, dormir dans des conditions décentes. Pour cela, il faut de l’argent. Et en même temps, il y avait chez eux ce besoin de pouvoir continuer à échanger avec leurs proches. Je me suis donc dit qu’en leur offrant du crédit téléphonique, on leur permettait d’appeler leur famille, mais aussi garder de l’argent pour d’autres besoins", explique-t-il à la rédaction d’InfoMigrants.

Grâce au groupe, les membres peuvent directement répondre à des migrants qui appellent à l’aide ou envoyer de l'argent par virement, notamment via Paypal, au collectif. James Pearce et une quinzaine de bénévoles s’occupent ensuite de redistribuer cet argent, directement sous forme de crédit téléphonique, aux personnes qui en ont fait la demande par message sur le groupe.  "Nous nous arrangeons avec les opérateurs pour envoyer sur le numéro du demandeur une somme comprise entre £8 et £20 [environ 9 à 22 euros]", poursuit-il.

Les informations données par PC4R pour faire un don. Crédit : "Phone credit for refugees and displaced people" / Facebook.Près de 40 000 rechargements en crédit téléphonique 

En raison du nombre croissant de demandes d’adhésion depuis la création du groupe, près de 200 par jour selon James Pearce, PC4R donne la priorité aux personnes les plus vulnérables, notamment "aux enfants et femmes qui dorment à la rue ou dans des camps délabrés et surpeuplés" et aux personnes qui ne sont pas soutenus financièrement "par des agences ou des organisations locales". 

Pour recevoir du crédit, il faut toutefois fournir plusieurs informations, qui permettent à l’équipe de James Pearce de "contrer les demandes frauduleuses". "Nous analysons les messages que nous recevons en demandant aux personnes qui veulent recevoir du crédit de nous indiquer leur position GPS et de nous envoyer des photos du camp ou du lieu d’hébergement dans lequel elles se trouvent, un document d’identité quel qu’il soit, un compte Facebook, leur numéro de téléphone ainsi que le nom du réseau qu’elles utilisent. Nous assurons évidement la confidentialité de ses données", précise le fondateur du groupe.

Depuis 2016, selon James Pearce, ce projet entièrement bénévole a permis de récolter près de 700 00 euros, permettant de réaliser près de 40 000 rechargements en crédit téléphonique à des migrants se trouvant majoritairement dans des camps en Europe. 

>> Informations pratiques :

Pour donner, toutes les informations sont sur le site PC4R et le groupe Facebook "Phone credit for refugees & displaced people".

Pour recevoir, il faut envoyer une demande d’adhésion sur le groupe Facebook "Phone credit for refugees & displaced people" et expliquer sa situation à l’équipe. La priorité sera donnée aux personnes les plus vulnérables et ne bénéficiant pas de soutiens financiers.

 

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