L'Aquarius au large des côtes libyennes, en avril 2017. Crédit : InfoMigrants
L'Aquarius au large des côtes libyennes, en avril 2017. Crédit : InfoMigrants

Le navire humanitaire est de nouveau en quête d’un port sûr en Méditerranée pour débarquer les 141 migrants secourus vendredi au large de la Libye. Selon les ONG à bord, les autorités libyennes aujourd'hui en charge de la gestion des secours en mer, ne leur ont pas indiqué de lieu de débarquement.

Près de deux mois après l’errance de l’Aquarius en Méditerranée qui avait relancé les discussions européennes sur le sauvetage des migrants en mer, le navire humanitaire est de nouveau à la recherche d’un port sûr. L'Aquarius doit débarquer 141 migrants secourus dans deux embarcations vendredi 10 août au large de la Libye.

Dimanche, le navire affrété par SOS Méditerranée - qui coopère avec Médecins sans frontières (MSF) - se dirigeait vers le nord de la Méditerranée, sans savoir où accoster.

Dans un communiqué l’organisation affirme que le Centre conjoint de coordination des secours libyen (JRCC) n'a pas désigné au navire de lieu sûr où débarquer les rescapés. Le JRCC "lui a enjoint de s'adresser à un autre Centre de coordination des secours (RCC)", ajoute l’ONG.

Depuis le 28 juin, la gestion des secours des migrants en mer Méditerranée dépend des autorités libyennes et non plus de l'Italie. Ce sont les Libyens qui décident donc de l'attribution des ports de débarquement - au grand dam des ONG. 

"[Après les déclarations libyennes], nous nous sommes donc adressés aux deux centres des pays les plus proches qui sont Malte et l'Italie. Pour l'instant, nous avons un refus de prendre cette responsabilité. Officiel de la part de Malte et pas encore officiel de la part de l'Italie", a expliqué lundi matin sur France Info Sophie Beau, directrice générale de SOS Méditerranée. Rome a annoncé lundi en début d'après-midi son refus d'accueillir l'Aquarius et les rescapés dans l'un de ses ports.

"Un sauvetage n'est pas terminé tant qu'un lieu sûr de débarquement n'a pas été indiqué"

Avant de quitter Marseille où il est resté plusieurs semaines à quai, l’équipage de l’Aquarius a prévenu qu’il ne renverrait pas de migrants en Libye. 

Selon Sophie Beau, "les autorités maritimes libyennes qui ont coordonné ce sauvetage ont reconnu elles-mêmes qu'elles ne pouvaient pas nous offrir un port sûr et qu'il fallait qu'on s'adresse à d'autres centres de coordination des secours".

Pour Aloys Vimard, coordinateur de MSF à bord de l’Aquarius, la situation actuelle révèle l’échec des sauvetages gérés par la Libye. "Les gouvernements européens ont concentré tous leurs efforts à la création d'un JRCC en Libye, mais les événements de vendredi illustrent bien l'incapacité de ce dernier à coordonner intégralement une opération", a-t-il souligné.

"Un sauvetage n'est pas terminé tant qu'un lieu sûr de débarquement n'a pas été indiqué. En réalité, ces embarcations en détresse ont eu de la chance que nous les repérions par nous-mêmes", ajoute le sauveteur.

L’Aquarius, qui se trouve actuellement au sud de l’île italienne de Lampedusa, a appelé les gouvernements européens "à garantir un accès rapide à des lieux sûrs où débarquer les rescapés, et à faciliter […] le déploiement d’une assistance humanitaire essentielle en Méditerranée centrale".

 

Et aussi