Le ministre italien, Matteo Salvini, menace de renvoyer les migrants secourus en mer en Libye. Crédit : Reuters
Le ministre italien, Matteo Salvini, menace de renvoyer les migrants secourus en mer en Libye. Crédit : Reuters

Le gouvernement italien a menacé dimanche de renvoyer en Libye les 180 migrants bloqués au large de l'île de Lampedusa depuis trois jours. Le torchon brûle avec Malte : les autorités italiennes l'accusent de ne pas les avoir accueillis.

Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini a menacé dimanche 19 août de renvoyer vers la Libye les quelque 180 migrants bloqués depuis trois jours au large de l'île de Lampedusa si aucune solution européenne n'était trouvée.

"Ou l'Europe décide sérieusement d'aider l'Italie concrètement, à partir par exemple des 180 migrants à bord du navire Diciotti, ou nous serons contraints de (...) raccompagner dans un port libyen les personnes secourues en mer", a déclaré dimanche Matteo Salvini, qui est aussi le chef de la Ligue (extrême droite) et vice-Premier ministre.

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Cette éventualité a toujours été catégoriquement exclue par les autorités européennes, qui considèrent que la Libye n'offre pas de port "sûr", une condition requise par le droit maritime international.

Les migrants avaient été secourus, dans la nuit du mercredi au jeudi 16 août, alors qu'ils se trouvaient dans une embarcation voguant entre Malte et l'île italienne de Lampedusa. L'embarcation est passée par la zone de recherches et de secours (SAR) maltaise, mais les autorités de La Valette ne sont pas venus en aide aux passagers, jugeant qu'ils n'étaient pas en détresse.

Fortes tensions entre Malte et l'Italie

Matteo Salvini a exprimé sa colère devant l'initative des garde-côtes italiens, qui sont intervenus sur un bateau, relevant, selon lui, des autorités maltaises.

En juillet, des garde-côtes italiens envoyés surveiller de loin des dizaines de migrants entassés sur une barque de pêche avaient déjà commencé à les secourir sans attendre le feu vert de Rome, où le gouvernement leur demandait d'attendre que Malte s'en charge.

L'intervention du Diciotti n'avait rien d'un sauvetage mais visait plutôt à empêcher l'embarcation transportant ces migrants à parvenir dans les eaux italiennes, a affirmé dimanche le ministre maltais de l'Intérieur, Michael Farrugia, sur Twitter.


"L'interception d'un navire qui exerce son droit à la liberté de navigation en haute mer n'est pas considérée comme un sauvetage", a souligné le ministre maltais.

Le ministre italien des Transports, Danilo Toninelli n'a pas tardé à répliquer sur Twitter : "Le comportement de Malte est encore une fois inadmissible et mérite des sanctions".

Avec AFP

 

Texte initialement publié sur : France 24

 

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