Image d'archive d'un sauvetage de Proactiva Open Arms en Méditerranée. Crédit : Reuters
Image d'archive d'un sauvetage de Proactiva Open Arms en Méditerranée. Crédit : Reuters

L'ONG espagnole Proactiva Open Arms a déclaré dans un communiqué jeudi 30 août qu'elle cesse ses missions de sauvetage au large des côtes libyennes, dénonçant la "criminalisation des ONG" en Méditerranée centrale. Le navire humanitaire patrouillera désormais entre le Maroc et l'Espagne.

"Au cours des prochaines semaines, Proactiva Open Arms se joindra aux opérations de sauvetage dans le détroit de Gibraltar et la mer d’Alboran", a déclaré l’ONG dans un communiqué publié jeudi 30 août. Le navire humanitaire patrouillera désormais entre le Maroc et l’Espagne, zone coordonnée par les garde-côtes espagnols.

"Les intenses campagnes de criminalisation des ONG en Méditerranée centrale et la mise en marche de politiques inhumaines ont provoqué non seulement la fermeture des ports d’Italie et de Malte, mais la paralysie de nombreuses organisations humanitaires de sauvetage, ainsi que l’augmentation du flux migratoire vers le sud de l’Espagne", écrit Proactiva pour justifier sa décision. 

La mission de l’ONG, qui débutera dans les prochaines semaines, se prolongera "tant que la pression migratoire durera dans le sud de l’Espagne et que cela semblera nécessaire", selon le communiqué.

L’Espagne est devenue cette année la première porte d’entrée des migrants en Europe, le nombre d’arrivées dépassant celui enregistré en Italie et en Grèce. Près de 28 000 personnes sont arrivées en Espagne depuis janvier à bord d’embarcations de fortune, contre un peu plus de 5 000 l’an dernier à la même période.

Le nouveau gouvernement italien, formé fin mai par le parti "antisystème" Mouvement 5 étoiles et la formation d’extrême droite de la Ligue, a fermé au cours de l’été les ports italiens aux navires des ONG sillonnant en Méditerranée centrale pour porter secours aux migrants en péril.

Par trois fois, Proactiva Open Arms a dû faire débarquer des migrants sauvés au large de la Libye dans des ports d’Espagne au cours de l’été au terme d'un long périple en mer. En juillet, ses secouristes avaient découvert une femme encore en vie et deux cadavres sur les restes d’un canot pneumatique au large de la Libye, et avaient accusé les garde-côtes libyens de les avoir abandonnés à leur sort en pleine mer.

À la date du 30 août 2018, aucun navire humanitaire n’est donc présent dans la zone de détresse, au large des côtes libyennes.

Les navires de sauvetage bloqués (dont les missions sont donc suspendues) :

-Le Lifeline est actuellement bloqué à Malte.

-Le Seefuchs est actuellement bloqué à Malte.

-Le Sea Watch 3 est actuellement bloqué à Malte.

-Le Iuventa est actuellement bloqué en Italie.

Les autorités maltaises arguent d’une irrégularité administrative concernant le Lifeline, le Seefuchs et le Sea Watch. Malte dit vouloir s’assurer que leurs papiers sont en règle avant de les laisser repartir en mer.

L'Italie a accusé il y a un an le Iuventa, de l'ONG allemande Jugen Rettet, d'être de mèche avec les trafiquants libyens. Le bateau est toujours immobilisé par les autorités italiennes.

Les navires qui ont cessé leur mission :

-Le Vos Hestia, de l’ONG Save the Children, a cessé sa mission en octobre 2017.

-Le Minden, de l'ONG Lifeboat, a cessé sa mission depuis l'été dernier.

-Le Golfo Azzurro, de l’ONG ProActiva, a cessé sa mission depuis l’été dernier.

-Le Prudence de Médecins sans frontières, a cessé sa mission en octobre 2017.

-Le Phoenix, de l’ONG Moas, est parti l’été dernier porter secours aux Rohingyas au large de la Birmanie.

 

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