Image d'archive du centre de détention de Tadjourah, en Libye. Crédit : Reuters
Image d'archive du centre de détention de Tadjourah, en Libye. Crédit : Reuters

Une vidéo postée sur les réseaux sociaux montre des centaines de migrants s’enfuir du centre de détention de Tarek el-Matar, à Tripoli, toujours en proie à des combats entre milices rivales. Selon des sources concordantes, ce bâtiment de la capitale libyenne a été touché par une bombe.

La vidéo a été postée mardi 4 septembre sur les réseaux sociaux. On peut y voir des centaines de migrants originaires d’Afrique subsaharienne marcher sur la route de l’ancien aéroport international de Tripoli, la capitale libyenne en proie depuis une dizaine de jours à de violents combats entre milices.

Selon l’auteur de ces images, que la rédaction d’InfoMigrants a pu vérifier, ces migrants ont fui le centre de détention de Tarek el-Matar (situé à proximité de l’ancien aéroport international), après qu’une bombe soit tombée sur le centre. Ils faisaient route vers le nord de Tripoli.

L’Office libyen de lutte contre l’immigration clandestine a démenti cette information à l’agence de presse Reuters mais un travailleur humanitaire a confirmé que près de 1 800 migrants ont pu quitter le centre.

Depuis le début des affrontements dans la capitale libyenne, dimanche 26 août, les migrants se retrouvent pris au piège au milieu des combats qui opposent des milices liées au gouvernement d’union nationale. Les gardes qui assuraient le ravitaillement en nourriture et en eau, et qui s’occupaient de la sécurité des centres ont quitté les lieux pour fuir les combats ou y prendre part eux-mêmes, laissant les migrants livrés à eux-mêmes.

>> À lire sur InfoMigrants : Affrontements entre milices rivales à Tripoli : les migrants pris au piège dans les centres de détention

Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a évacué la semaine dernière 300 migrants du centre d’Ein Zara vers celui d’Abu Salin considéré comme "plus sûr". Mais selon un membre d’une organisation humanitaire internationale qui souhaite garder l’anonymat, les déplacements de migrants ne sont pas une solution. "Le danger est partout à Tripoli, aucun endroit ne peut être considéré comme ’sûr’. L’accès au soin et à la nourriture est quasiment inexistant, les associations humanitaires ne peuvent pas se rendre sur place à cause des combats", explique-t-il. Environ 8 000 migrants sont répartis dans une quinzaine de centre de détention à Tripoli.

Depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011, la capitale libyenne est au cœur d’une lutte d’influence entre milices en quête d’argent et de pouvoir. Les migrants, qui utilisent la Libye comme principal point de départ pour rejoindre l’Europe, se retrouvent régulièrement pris au piège par ces groupes armés. En novembre 2017, une vidéo de CNN avait mis en lumière l’esclavage des migrants en Libye pratiquée notamment par des milices libyennes.

 

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