Des migrants soudanais transitent par Agadez au Niger avant de gagner la Libye. Crédit : Mehdi Chébil
Des migrants soudanais transitent par Agadez au Niger avant de gagner la Libye. Crédit : Mehdi Chébil

Des militaires italiens vont former leurs collègues nigériens à mieux contrôler la frontière avec la Libye, afin d’endiguer l’arrivée de migrants qui souhaitent se rendre en Europe.

Le ministère de la Défense italien a annoncé l’envoi d’une mission militaire au Niger dans le but de former les militaires nigériens au contrôle renforcé de leur territoire, notamment de la frontière entre le Niger et la Libye. La date du début de cette mission n'a cependant pas été précisée.

Elisabetta Trenta, la ministre, ne l’a pas caché : le but de cette mission est d’endiguer le flux de migrants qui arrivent vers l’Italie via la Méditerranée. En effet, le Niger est le principal pays de transit pour des dizaines de milliers de migrants qui cherchent à gagner l’Europe, en passant par la Libye. "L’objectif est de lutter, ensemble, contre la traite d'êtres humains et le trafic des migrants qui traversent le pays et se dirigent vers la Libye pour finalement s'embarquer en direction de nos côtes", a précisément déclaré la ministre mercredi 21 septembre.

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Elisabetta Trenta n’a pas précisé le nombre de militaires envoyés. En revanche elle a donné des indications sur les modalités de leur intervention, précisant que ces derniers agiront "en soutien" et assisteront les autorités locales à travers "des unités chargées de la formation (…) des forces nigériennes".

Des tensions entre l’Italie et le Niger ont retardé la collaboration

La mesure avait été votée huit mois auparavant par le Parlement italien, mais elle était restée en suspens. Entre temps, les autorités nigériennes avaient démenti toute collaboration militaire avec l’Italie sur la question des frontières, affirmant qu'une telle intervention serait inconcevable.

La ministre de la Défense italienne de l’époque, Roberta Pinotti, avait déclaré que l’envoi de renfort militaire faisait suite à une demande du Niger, ce que les autorités nigériennes avaient formellement démenti.

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À l’époque, elle avait aussi annoncé l’envoi prochain de 120 militaires dans un premier temps, avant de monter progressivement les effectifs à 470. 

 

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