Environ 300 personnes, dont 80 enfants, dorment dans des tentes dans le centre-ville de Clermont-Ferrand. Crédit : "Clermont fait monde"
Environ 300 personnes, dont 80 enfants, dorment dans des tentes dans le centre-ville de Clermont-Ferrand. Crédit : "Clermont fait monde"

Depuis début septembre, des migrants se sont installés dans le square de la place du 1er mai, à Clermont-Ferrand, dans le centre de la France. Environ 300 migrants y vivent dans des conditions très précaires. Des associations et des collectifs leur viennent en aide.

Dans la ville auvergnate de Clermont-Ferrand, dans le centre de la France, un campement de migrants grossit chaque jour un peu plus. Environ 250 migrants, selon la préfecture du Puy-de-Dôme – 300 selon les associations -, ont installé leur tente dans le square de la place du 1er mai, contre à peine une centaine début septembre, date de l’apparition du camp.

Dans le square, plusieurs profils se mélangent : des familles, des hommes seuls et depuis peu quelques SDF "orientés ici par le 115, faute d’hébergement suffisant dans la région", selon Simon Bonhomme de la Cimade 63 joint par InfoMigrants. Les associations ont dénombré un peu plus de 80 enfants et quelques mineurs isolés. "Le plus jeune des enfants a quatre mois", précise-t-il.

Depuis dbut septembre les migrants se sont installs place du 1er mai  Clermont-Ferrand Crdit  Clermont fait mondeLes situations administratives aussi sont très différentes : certains sont des "déboutés" du droit d’asile, d’autres sont en début de procédure, d’autres encore sont "dublinés" (leur demande relève du premier pays par lequel ils sont entrés en Europe). Certains ont déjà obtenu le statut de réfugié, mais demeurent sans abri. 

La plupart des occupants des lieux sont originaires des pays de l’Est (Albanie, Kosovo, Serbie…) - principalement les familles. D'autres viennent d’Afrique (Guinée, Érythrée, Sierra Leone…) – surtout des hommes seuls.

"Sans le soutien des associations, les migrants seraient complètement livrés à eux-mêmes"

Sur le camp, la vie s’organise avec l’aide des collectifs et des associations. Les bénévoles ont monté une grande tente pour y installer une cuisine de fortune et distribuent chaque jour des repas, "y compris le goûter pour les plus jeunes", signale Simon Bonhomme. Des médecins bénévoles font le tour du square pour apporter les premiers soins. "Sans le soutien des associations, les migrants seraient complètement livrés à eux-mêmes. Je ne sais pas ce qu’ils deviendraient", déclare Simon du collectif d’aide aux migrants "Clermont fait monde", contacté par InfoMigrants.

Après quelques jours d’occupation, la Mairie a tout de même installé des toilettes et un point d’eau. "Mais pas de douches", signale encore Simon du collectif. Une salle de concert situé à quelques mètres du camp ouvre donc ses douches dès que possible pour en faire profiter les migrants de la place du 1er mai.

Les associations organisent chaque jour des distributions de repas Crdit  Clermont fait mondePourquoi un tel afflux de migrants à Clermont-Ferrand ? Selon les associations, les familles se sont installées dans le centre-ville depuis la rentrée scolaire. Auparavant logées dans des campings à l’extérieur de l’agglomération, elles se sont rapprochées des écoles où sont scolarisés leurs enfants.

Les hommes seuls arrivent eux au fur et à mesure, de Paris mais aussi parfois directement d’Italie. "Les gens atterrissent ici par le bouche-à-oreille, et puis il y a également une forte communauté guinéenne à Clermont", explique Simon Bonhomme de la Cimade 63. "Les migrants nous disent aussi que dans cette région ils sont moins contrôlés par la police", continue-t-il.

Recensement de la préfecture

Reste que la situation sur place inquiète les bénévoles qui assistent à une montée des tensions. Des cas de vols ont été rapportés, "des hommes saouls se battent entre eux le soir" raconte Simon du collectif "Clermont fait monde". "Certains enfants ont parfois des accès de violences à l’école à force de baigner dans cette atmosphère", dit-il encore.

Les associations souhaitent que des hébergements soient trouvés. Elles réclament des "solutions pérennes et dignes pour tous". Lundi 8 octobre, une mobilisation citoyenne a réuni 300 personnes dans  le centre de Clermont-Ferrand pour soutenir les occupants de la place du 1er mai et demander des logements pour les migrants.

Des centaines de personnes ont manifest lundi 8 octobre rclamant un logement pour les migrants Crdit  Clermont fait mondeDu côté de la préfecture, contactée par InfoMigrants, on assure "travailler actuellement pour proposer des solutions adaptées dans les meilleurs délais : logement, accompagnement administratif, santé…" Les autorités précisent également avoir déjà relogées plusieurs personnes et insistent sur le fait que "2 000 personnes bénéficient aujourd’hui d’un hébergement, soit deux fois plus qu’il y a trois ans" à l’échelle du département.

 

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