Des réfugiés syriens arrivent au camp de Friedland, dans le nord de l'Allemagne, le 4 avril 2016. Crédit : Reuters
Des réfugiés syriens arrivent au camp de Friedland, dans le nord de l'Allemagne, le 4 avril 2016. Crédit : Reuters

Trente travailleurs d’un foyer de demandeurs d’asile comparaissent depuis jeudi 8 novembre devant la justice allemande. Ils sont accusés de maltraitance sur des pensionnaires.

Des demandeurs d’asile privés de liberté, volé, frappé… Depuis jeudi 8 novembre, 30 travailleurs d’une société privée - surveillants, travailleurs sociaux, directeur - travaillant dans un centre de demandeurs d’asile de Burbach, dans l’ouest de l’Allemagne, sont jugés pour des maltraitances sur des pensionnaires. Les faits se sont déroulés pendant des mois jusqu’en septembre 2014.

En raison du grand nombre de personnes impliquées, le procès se tient dans un centre de congrès de Siegen en Rhénanie du Nord-Westphalie.

Les sévices contre les migrants avaient été révélés après la publication sur les réseaux sociaux fin septembre 2014 d’une photo, prise à l’aide d’un téléphone portable, montrant un homme d’une vingtaine d’années allongé sur le sol, les mains menottées. À ses côtés, apparaissaient deux agents de sécurité du foyer en uniforme, dont l’un avait placé son pied sur le cou de l’homme à terre.

53 cas de violences et d'humiliations

"Ce sont des photos qu’on n’a vues jusqu’ici qu’à Guantanamo !", s’était emporté à l’époque le président de la police de Hagen, Frank Richter. L’hebdomadaire Der Spiegel avait pour sa part comparé sur son site internet cette photo à celles de la prison d’Abou Ghraïb, en Irak, où des soldats américains avaient torturé et humilié des détenus irakiens.

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Selon l’acte d’accusation qui recense 53 cas de violences et d'humiliations, les pensionnaires étaient régulièrement frappés à la tête, au niveau de l’estomac et des côtes, ou encore aspergés de gaz poivré dans les yeux, selon le quotidien allemand Bild.

Le gouvernement allemand avait parlé d’actes "abjects". Amnesty International avait dénoncé "un abus de pouvoir révoltant".

À cette époque, l’Allemagne était devenue la principale destination européenne des demandeurs d’asile, fuyant notamment les conflits en Syrie ou en Irak, avec quelque 200 000 personnes accueillies en 2014.

Une partie des centres d’accueil avaient été débordés par cet afflux massif, qui s’est accentué en 2015 et 2016 avec l’arrivée d’un million de demandeurs d’asile dans le pays.

 

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