Sylla Ibrahima Sory pense souvent à reprendre la route de l'exil. Crédit : Sylla Ibrahima Sory
Sylla Ibrahima Sory pense souvent à reprendre la route de l'exil. Crédit : Sylla Ibrahima Sory

Sylla Ibrahima Sory est rentré en Guinée en novembre 2017, avec l'aide de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), après avoir tenté de rejoindre l'Europe. Un an après son retour à Conakry, le jeune homme de 20 ans dit manquer d'opportunités dans son pays. Il envisage de reprendre la route de l'exil.

En mai dernier, Sylla Ibrahima Sory prend contact avec la rédaction InfoMigrants pour raconter son expulsion d’Algérie en octobre 2017. "Les autorités algériennes nous ont laissés seuls dans le désert et nous ont dit de marcher jusqu'au Niger", expliquait alors celui qui espérait atteindre l’Europe. Le mois suivant, le Guinéen de 20 ans rentre dans son pays, profitant du programme de retour volontaire de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Un après son retour chez lui, Sylla Ibrahima Sory pense à retenter sa chance sur le chemin de l’exil. Témoignage.  

"Je suis rentré à Conakry [la capitale guinéenne, ndlr] le 13 novembre 2017. J’ai bénéficié du programme de retour volontaire mis en place par l’OIM.

À mon arrivée, les membres de l’OIM en Guinée m’ont donné 50€ et m’ont dit qu’ils m’appelleraient prochainement pour du travail.

En attendant, j’ai suivi une formation de vitrier pendant trois mois avec des amis. Comme j’étais en apprentissage je n’étais pas payé pendant toute cette période. J’ai dû arrêter la formation car les enseignants étaient tout le temps en grève. Cela m’a complètement découragé.

À son retour, Sylla Ibrahima Sory a suivi une formation de vitrier. Crédit : Sylla Ibrahima Sory Finalement, l’OIM m’a recontacté en juillet pour participer à une campagne d’assainissement dans les quartiers et sur les plages de Conakry. Si je refusais d’y participer, l’OIM ne m’aiderait pas à financer mon projet.  

J’étais avec des dizaines de migrants rentrés eux-aussi à la maison après avoir tenté d’immigrer en Europe, et des potentiels migrants. Je travaillais tous les jours de 8h à 14h pour un salaire de 7€ par jour. L’OIM a gardé une partie de mon salaire – 3€ - pour financer mon futur projet. Cette mission a duré 45 jours.Sylla Ibrahima Sory a participé à une campagne d'assainissement organisé par l'OIM. Crédit : Sylla Ibrahima Sory Mi-octobre, avec plusieurs anciens migrants, on a déposé un projet à l’OIM. Nous voulons ouvrir une société de vitrerie et ainsi construire des meubles, des fenêtres, des étagères, des portes… à Conakry. Mais je n’ai toujours pas de réponse de l’organisation. J’insiste, je les appelle régulièrement, mais ils me répondent qu’ils vont bientôt me rappeler.

En attendant, je ne sais pas quoi faire. Il n’y a pas de travail en Guinée alors je passe mes journées à la maison ou avec des amis. Si les choses continuent comme cela, je vais reprendre la route de l’exil. J’y pense souvent. Je n’ai pas oublié mon rêve qui est de vivre en Europe. Ici, je n’ai pas d’avenir.

Je ne suis pas le seul à avoir cette idée, nous sommes plusieurs migrants dits ‘retournés’ à réfléchir à retenter notre chance."

 

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