Crédit : RFI
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Outre la Méditerranée ou la mer Egée, certains réfugiés, afghans ou syriens pour la plupart, tentent de passer en Europe traversant à pied la frontière turco-bulgare. C'est notamment dans cette zone qu'une Somalienne a été retrouvée morte de froid ce lundi 2 janvier en tentant de passer avec un groupe de migrants.

La jeune femme a été retrouvée morte de froid dans le mont de Strandja, près de la frontière turque. Elle appartenait à un groupe d'une trentaine de migrants sans papiers découverts dimanche 1er janvier par la police frontalière près du village de Ravadinovo, à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Située à la frontière extérieure de l'Union européenne, la Bulgarie voit déborder ses centres d'accueil de migrants, la Serbie ayant fermé sa frontière et les empêchant de continuer leur route vers l'Europe centrale et occidentale. De nombreux réfugiés tentent alors de passer en Bulgarie coûte que coûte, bien souvent dans des conditions extrêmes et avec le risque d’être reconduits à la frontière par la police.

Des douzaines de tentatives

Juliette Laurent appartient à l'association Refugee Help, montée par des étudiants et qui tente d'apporter une aide matérielle ou juridique aux réfugiés à Paris. Elle a pu recueillir de nombreux témoignages de migrants ayant emprunté cette route turco-bulgare.

« En général, ils traversent la frontière dans une zone de forêt, de nuit, en groupes de dix à vingt personnes. Toutes les personnes à qui on a parlé ont tenté de traverser la frontière au moins cinq fois, parfois jusqu’à une douzaine de fois, explique-t-elle. Il y a des patrouilles de policiers à la frontière bulgare qui se trouvent dans cette zone de forêt, qui, quand ils détectent les groupes de réfugiés qui essaient de traverser, les arrêtent, confisquent de manière quasiment systématique les téléphones portables, l’argent, la nourriture...Parfois des personnes nous disent même qu’on leur a confisqué leurs chaussures ou que les policiers ont coupé les lanières de leur sac à dos. »

Coups de matraque

Mais les témoignages recueillis par Juliette Laurent font état d’une répression policière parfois bien plus violente. « On a beaucoup de personnes qui nous expliquent que la police lâche les chiens. Par ailleurs, il y a beaucoup de policiers qui sont armés et qui tirent à balles réelles, qui font des tirs en l’air pour effrayer les groupes de migrants. On a quand même un réfugié afghan qui est mort par balle il y a quelques mois. Et de manière quasiment systématique, des personnes sont battues à coups de matraque. Ils font vraiment tout pour rendre le plus difficile possible une nouvelle tentative. Et une fois qu’ils ont fait tout ça, ils les mettent dans leur voiture et les raccompagnent de l’autre côté de la frontière turque. »

Dix décès de migrants clandestins ont officiellement été annoncés en 2016 en Bulgarie. Les victimes avaient tenté d'entrer illégalement dans le pays depuis la Turquie ou de quitter celui-ci via la Serbie ou la Roumanie pour gagner l'ouest de l'Europe.




Texte initialement publié sur : RFI

 

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