Crédit : AFP
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Poursuivi pour "aide aux étrangers en situation irrégulière", Pierre-Alain Mannoni, professeur d’université, a été relaxé vendredi par le tribunal correctionnel de Nice. Il avait recueilli, mi-octobre, dans sa voiture, trois Érythréennes.

C'est le soulagement pour Pierre-Alain Mannoni. Poursuivi pour avoir convoyé des Érythréennes venues d'Italie, le Niçois de 45 ans a été relaxé vendredi 6 janvier par le tribunal correctionnel de Nice. Le procureur avait requis contre lui six mois de prison avec sursis.

"Je suis vraiment très content et soulagé", a-t-il expliqué à France 24. "Je vais pouvoir raconter la fin de l'histoire à ma fille. Lui dire que je n'ai rien fait de mal", a-t-il continué. "Je suis content que la justice soit cohérente avec les valeurs de la République".

"Préserver leur dignité"

L'enseignant-chercheur à la faculté de Nice Sophia Antipolis avait été interpellé, le 18 octobre, à un péage près de Menton avec dans sa voiture trois Érythréennes, dont une mineure. Ce père de famille sans engagement politique particulier ni aucune activité militante à son actif avait plaidé la bonne foi.

"Le juge a estimé que dans mon cas, transporter des migrants n'était pas condamnable parce que j'avais préservé leur dignité et leur intégrité physique", a-t-il ajouté. "On a entériné [l'idée] de savoir faire preuve d'humanité lorsque des personnes sont dans une situation de danger [...]", a commenté de con côté son avocate, Maeva Binimelis.

>> À lire sur France 24 : "Héberger un migrant chez soi : que dit la loi ?"

Le cas de Pierre-Alain de Mannoni n’est pas inédit. Cédric Herrou a comparu, mardi 3 janvier, devant le tribunal de Nice, pour avoir aidé bénévolement des migrants à franchir la frontière entre la France et l’Italie. Le procureur a requis huit mois de prison avec sursis et la décision a été mise en délibéré au 10 février.

"Le procès de la solidarité"

"J'espère qu'il sera relaxé", a déclaré Pierre-Alain Mannoni. "Il est dans une situation difficile. Il croise continuellement des migrants là où il vit [dans la vallée de la Roya, à la frontière italienne]. Il n'a pas d'autre choix que de les aider. Son procès est celui de la solidarité".

Depuis 2015, de nombreux habitants de la vallée de la Roya viennent en aide aux migrants, souvent des Africains fuyant des pays instables et des régimes totalitaires.

En décembre 2015, une Niçoise a déjà été condamnée en première instance à 1 500 euros d’amende par le tribunal de Grasse (Alpes-Maritimes) pour avoir facilité le séjour et la circulation de deux Érythréens en situation irrégulière.

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