Le Pape s’est une nouvelle fois fait l’avocat des migrants ce dimanche, plus particulièrement des mineurs lors de la 102ème Journée mondiale du migrant et du réfugié. Organisée depuis plus d’un siècle par l’Eglise catholique, cette journée a été l’occasion pour le souverain pontife de dénoncer l’attitude des États envers les migrants et d’appeler les chrétiens à plus de responsabilité.

Les mineurs migrants. C’est le thème de la Journée mondiale du migrant et du réfugié, organisée depuis plus d’un siècle par l’Église catholique. Le Pape François a appelé dimanche 15 janvier les États à agir avec humanité : « le droit des États à gérer les flux migratoires (…) doit se conjuguer avec le devoir de résoudre la situation des migrants mineurs (…) en cherchant à répondre à leurs besoins quand ils sont seuls, mais aussi à ceux de leurs parents », a souligné le Pape.

Protéger les mineurs

Fils de migrants italiens établis en Argentine dans les années 30, le souverain pontife s’est ainsi une nouvelle fois fait l’avocat des migrants devant les fidèles réunis sur la Place Saint-Pierre. D’après les estimations des Nations Unies, plus de 60 millions de personnes sont contraintes à l’exil.

Parmi eux, la moitié sont des mineurs « forcés de vivre loin de leur terre d’origine et séparés de leurs proches » et sont « trois fois sans défense; parce qu’ils sont mineurs, étrangers, sans protection », dénonce le Pape. Vulnérables, ils sont souvent obligés de se prostituer, d’avoir recours aux trafics de drogue, d’être enrôlés comme soldat ou encore de se faire exploiter au travail. Sans protection, « ils échouent au plus bas niveau de la dégradation humaine » déplore-t-il.

Le Pape demande alors aux États d’appliquer la Convention de Genève qui protège les mineurs, déplorant que « au lieu de favoriser l’insertion sociale des migrants mineurs ou des programmes de rapatriement sûr et assortis d’assistance, on cherche uniquement à empêcher leur entrée, en favorisant ainsi le recours à des réseaux illégaux ».



Responsabilité des chrétiens

Le discours du Pape, prononcé lors de la prière de l’Angelus, intervient alors que le débat sur l’accueil des migrants fait rage au sein de la communauté catholique. Selon une étude Ipsos pour le groupe de presse Bayard publiée la semaine dernière, 49% des personnes de confession catholique interrogées veulent « accueillir tous » les migrants alors que 37% estiment au contraire qu’ils constituent « une menace pour l’Europe ».

Depuis son voyage sur l’île italienne de Lampedusa en juillet 2013, l’attention du Pape pour le sort des migrants n’est jamais retombée. En avril 2016, il a même ramené avec lui 12 réfugiés syriens, dont six mineurs, au retour de sa visite de cinq heures dans l’île de Lesbos, en Grèce.

Faisant référence à la Bible, le Pape a une nouvelle fois mis en avant la responsabilité des chrétiens vis-à-vis des étrangers : « combien de fois, dans la Bible, le Seigneur nous a demandé d’accueillir les migrants et les étrangers, en nous rappelant que nous sommes nous-mêmes des étrangers » a-t-il indiqué.

En France, l’aide aux migrants a été ces derniers jours au cœur de l’actualité. Deux habitants des Alpes-Maritimes ont en effet comparu devant le tribunal de Nice au début du mois de janvier, pour être venus en aide à des étrangers en situation irrégulière. L’un a été relaxé, l’autre risque 8 mois de prison avec sursis.
 

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