Le Conseil de l’Europe a rappelé à l’ordre la Slovénie qui envisage de fermer ses frontières avec la Croatie face à l’afflux du flot de réfugiés arrivant sur son sol.

Dans une lettre adressée mardi 17 janvier au président de l’assemblée nationale slovène, Milan Brglez, le Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks, a exhorté la Slovénie à ne pas fermer ses frontières avec la Croatie. Face à l’afflux de réfugiés, le petit pays au nord des Balkans envisage en effet de bloquer l’accès à son territoire pendant six mois en cas de "menaces à l’ordre public" et pour protéger sa "sécurité intérieure".

Une telle mesure – qui se traduirait par un amendement de la loi sur les étrangers – autoriserait donc un refoulement automatique des migrants se présentant aux portes slovènes, sans examen de leur situation. Elle serait contraire à la Convention de Genève et à la Convention européenne des droits de l’Homme. Ces propositions doivent être débattues la semaine prochaine.


Dans un communiqué, Amnesty International a appelé le parlement à rejeter les amendements par lesquels "les réfugiés et les demandeurs d’asile se verraient refuser la protection à laquelle ils ont droit en vertu du droit international et européen".



Nils Muiznieks reconnaît toutefois que Ljubljana a dû faire face à une situation sans précédent, fin 2015 et début 2016. Environ 500 000 migrants illégaux ont traversé la Slovénie, le plus petit pays de la route migratoire, pour pouvoir atteindre les pays plus riches de l’ouest de l’Europe. Pour faire face, la Slovénie avait clôturé l'hiver dernier quelque 200 kilomètres de sa frontière avec la Croatie, longue de 670 kilomètres en tout.

La ministre de l’Intérieur, Vesna Györkös Žnidar, a déclaré que la Slovénie ne pouvait pas endurer un autre afflux similaire, après que son voisin du nord, l’Autriche, et son voisin de l’est, la Hongrie, ont tous deux décidé de fermer leurs frontières aux migrants.
 

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