Déjà adoptée par ses voisins autrichien et hongrois, la mesure votée par le parlement slovène permet de bloquer l'accès du pays aux migrants sans leur offrir la possibilité de déposer une demande d'asile. 

Le parlement slovène a adopté jeudi 26 janvier des mesures qui permettront à la police de fermer les frontières aux immigrants clandestins. La loi a été adoptée par 47 voix pour et 18 contre, et permettra de fermer les frontières à la majeure des immigrants clandestins pour une période limitée, si le parlement le juge nécessaire pour des raisons afférant à la sécurité nationale.

La mesure, déjà adoptée par l'Autriche et la Hongrie voisines, autorise donc un refoulement automatique des migrants se présentant aux portes slovènes, sans examen de leur situation, sans possibilité de demander l’asile. Tous seront coincés en Croatie. Cette mesure permet aussi de couper l'espace Schengen en deux : en fermant leurs frontières, la Hongrie et la Slovénie bloquent toute la route des Balkans (d'est en ouest) sans offrir d'itinéraire bis aux immigrés.

La mesure est contraire à la Convention de Genève et à la Convention européenne des droits de l’Homme.

Près de 500 000 migrants avaient transité par la Slovénie lors de la grande vague de migration débutée en 2015, jusqu'à la fermeture de la route des Balkans en mars 2016.

La nouvelle législation a également été dénoncée par le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et des ONG. Amnesty international a déploré "un grave recul des droits de l’homme en Slovénie", accusant Ljubljana d’emprunter "la même voie indécente que ses voisins l’Autriche et la Hongrie".

 

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