Alors que le décret anti-immigration de Trump provoque l’indignation dans la société civile américaine, les grands patrons ne cachent pas non plus leur opposition à une telle mesure. Pour résister, Airbnb et Starbucks, par exemple, s’engagent à proposer des hébergements gratuits et des emplois aux immigrés interdits d’entrée aux États-Unis, dans les pays où leurs entreprises sont présentes.

Le décret anti-immigration de Donald Trump continue de provoquer la consternation aux États-Unis. Après d’importantes manifestations dans plusieurs grandes villes du pays comme New-York et San Francisco, et l’aide spontanée et bénévole d’avocats américains en faveur des premiers détenus dans les différents aéroports, c’est au tour des grands patrons d’afficher leur soutien aux immigrés.

Le PDG de la célèbre chaîne de cafés Starbucks, Howard Schultz, s’est engagé par écrit dimanche à recruter 10 000 réfugiés dans les cinq prochaines années. Sont concernées les personnes ayant fui les guerres, les persécutions et les discriminations dans les 75 pays où est présent le groupe américain. Aux États-Unis, Starbucks va commencer par recruter les réfugiés ayant travaillé pour l’armée américaine, comme interprètes par exemple. "Nous vivons dans une période sans précédent, un moment au cours duquel (…) la promesse du rêve américain est remise en cause", fustige Howard Schultz.


"Ouvrir les frontières nous rapproche"

De son côté, Airbnb propose un hébergement gratuit aux personnes affectées : réfugiés comme voyageurs bloqués dans les aéroports par ces restrictions. "Airbnb fournit un hébergement gratuit aux réfugiés et à toute personne interdite d’entrée aux États-Unis", précise sur son compte Twitter le PDG du groupe, Brian Chesky. "Contactez-moi si vous avez besoin d’hébergement", propose-t-il. "Ouvrir les frontières nous rapproche. Les fermer divise encore un peu plus les États-Unis. Trouvons des moyens pour mettre en relation les gens et non les séparer", enjoint Brian Chesky.
Un message entendu par les membres de la plateforme de location de logements entre particuliers. "J’ai un logement disponible à Philadelphie (nord-est des États-Unis), comment puis-je participer et contribuer", demande par exemple Andrew Tran.

Lyft, le service de réservation de voitures sans chauffeur s’est aussi engagé contre le décret de Trump, promettant de donner un million de dollars à l’organisation de défense des droits civiques American civil liberties union (ACLU), qui a attaqué devant la justice américaine ces restrictions à l’immigration.

Depuis samedi matin, l’association américaine a d’ailleurs reçu près de 20 millions de dollars de dons en ligne. Un chiffre gigantesque quand on sait qu’en temps normal, ACLU récolte environ quatre millions de dollars par an.
 

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