Le décret anti-immigration de Donald Trump continue de provoquer un immense tollé dans le monde. Après les réactions de plusieurs dirigeants européens dimanche, la chancelière allemande Angela Merkel a dénoncé le lendemain le décret comme anti-musulman.

Le décret anti-immigration de Trump qui interdit pour 90 jours l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans (Irak, Iran, Yémen, Libye, Syrie, Soudan et Somalie) n’en finit pas de provoquer l’inquiétude et l’indignation de plusieurs hommes politiques et dirigeants internationaux.

La dernière en date est la chancelière allemande qui a dénoncé lundi 30 janvier les restrictions à l’immigration de Donald Trump, estimant que ceux qui étaient ciblés par cette décision étaient les musulmans. "La lutte nécessaire contre le terrorisme ne justifie en aucune manière de généraliser le soupçon contre les personnes en fonction de leur croyance, en l’occurrence ici des personnes de foi musulmane, ou en fonction de leur origine", a déclaré Angela Merkel devant la presse.  La chancelière a par ailleurs relevé que les mesures adoptées par le nouveau président américain allaient à "l’encontre de sa vision des fondements de l’aide internationale aux réfugiés et de la coopération internationale".

Quelques jours plus tôt lors d’un entretien téléphonique, Angela Merkel a rappelé à Donald Trump les obligations de la Convention de Genève. "La Convention sur les réfugiés exige de la communauté internationale qu’elle accueille des réfugiés de guerre pour des raisons humanitaires. Tous les États signataires sont tenus de le faire", a précisé le porte-parole de la chancelière dans un communiqué.

Depuis 2015, Angela Merkel a permis l’entrée en Allemagne de plus d’un million de demandeurs d’asile. Ce qui lui a valu une grande popularité parmi les migrants qui la surnomme souvent "Mama Merkel".

L’exécutif américain s’est quant à lui défendu de toute discrimination religieuse, arguant qu’il s’agissait de décisions destinées à protéger le pays contre une éventuelle infiltration de "terroristes étrangers".

Avant Angela Merkel, de nombreux dirigeants à travers le monde avaient déjà critiqué les nouvelles restrictions américaines. Le premier ministre canadien Justin Trudeau notamment a déclaré dimanche 29 janvier sur son compte Twitter : "À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera indépendamment de votre foi", insistant sur le fait qu’un "canadien est un canadien".
 

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