Après deux ans d’enquête, l’Italie a annoncé lundi avoir démantelé un réseau international de passeurs de migrants vers la France. Au total, 34 mandats d’arrêts ont été émis contre des Italiens, des Allemands et des Français qui faisaient passer la frontière aux migrants des conditions déplorables. 

Les autorités italiennes ont annoncé lundi 30 janvier avoir démantelé un vaste réseau international de passeurs. Composé d'Égyptiens, de Maghrébins, d’Afghans, de Soudanais, d’Albanais et dans une moindre mesure de Roumains et d’Italiens, ce réseau a fait passer vers des pays européens des centaines de personnes dans des conditions dramatiques.

Après avoir traversé la Méditerranée et rejoint Milan en Italie où le réseau avait sa principale base, les migrants originaires de Syrie, d’Egypte, Érythrée et du Soudan étaient transférés près des frontières où ils étaient regroupés et cachés jusqu’à l’arrivée de moyens de transport pour passer de l’autre côté.


Entassés "comme de la viande de boucher"

La police italienne a diffusé des images de dizaine de migrants entassés les uns sur les autres dans une camionnette fermée avec un cadenas, mais aussi coincés dans des espaces sous des palettes dans un camion ou dans le coffre d’une voiture. Ils pouvaient être entassés jusqu’à 40 dans des camionnettes "comme de la viande de boucher", a expliqué la procureure Ilda Boccassini lors d’une conférence de presse. Le coût pour passer la frontière s’élevait entre 500 et 1000 euros.



L’enquête qui a duré deux ans a permis de reconstituer un total de 62 voyages clandestins qui ont fait passer des centaines de personnes vers d’autres pays européens.

Une autre opération lundi 30 janvier a mené à l’arrestation de deux Italiens qui géraient une imprimerie clandestine pour fabriquer de faux documents européens, comme des cartes d’identité et des permis de conduire, vraisemblablement pour des migrants clandestins.

Pour la procureure, le caractère international de ce réseau est le reflet d’"une globalisation du mal", a-t-elle dénoncé. 34 mandats d’arrêt ont été émis : 18 personnes résident en Italie, les autres principalement en Allemagne et en France.  Ilda Boccassini a toutefois insisté sur le fait que cette opération de démantèlement n’est qu’"une goutte d’eau dans la mer, compte tenu de la facilité avec laquelle aujourd’hui des personnes sans scrupules agissent face à ceux qui (…) affrontent un voyage de douleur dans l’espoir de trouver un monde meilleur", a-t-elle déclaré.
 

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