Crédit : RFI
Crédit : RFI

Le Cameroun a décroché le titre de champion d'Afrique, dimanche 5 février à Libreville en battant l'Egypte 2-1 en finale de la CAN. Les Lions indomptables décrochent leur cinquième titre continental. Les Camerounais ont fait la différence grâce à Vincent Aboubakar et un collectif incroyable. L’amitié aura payé pour cette équipe de jeunes joueurs, qui ont cru en leur étoile.

♦ Découvrez : le calendrier et les résultats, les équipes, les joueurs.

Libreville, envoyé spécial

L’impression d’incrédulité dégagée par le visage d’Adolphe Teikeu en dit long sur l’issue de cette CAN 2017, où le Cameroun a créé la surprise. C’est pourtant un joueur pratiquement inconnu du grand public, qui se promène désormais avec une médaille autour du cou, une récompense méritée, après avoir passé plus d’un mois à se dire que tout est possible. « Dans ce tournoi, nous n’étions pas favoris, nous avons avancé à notre rythme et l’appétit est venu en mangeant », raconte le pensionnaire du FC Sochaux, en Ligue 2.

Vingt-trois amis au firmament du foot africain

Les Lions indomptables avaient d’abord sorti le Sénégal à la surprise générale en quarts de finale avant d’éjecter le Ghana. L’Egypte a été la dernière proie des Camerounais, insatiables après le premier tour. « On a su faire la différence avec deux joueurs entrés en cours de jeu (Nicolas Nkoulou et Vincent Aboubakar), nous sommes un groupe uni et c’était cela notre force », avance Georges Mandjeck.

« Ce ne sont pas 23 joueurs qui ont gagné ce titre, mais 23 amis », dit le sélectionneur Hugo Broos. Au départ, le technicien belge avait simplement en tête de passer le premier tour. « C’est au moment où nous avons battu le Sénégal que nous avons commencé à croire que c’était peut-être notre année ». Bonne pioche. Broos avait vu juste et surtout, malgré les critiques, il n’a jamais changé son plan. « Avec ma Coupe du monde au Mexique en 1986 (4e place, ndlr) et ce trophée au Gabon, c’est ce que j’ai vécu de plus fort », avoue l’ancien entraîneur du FC Bruges. Mais il n’attend pas pour autant qu’on lui érige une statue : « Après 42 ans dans le foot, je sais très bien qu’aujourd’hui je suis le roi, mais que demain on peut me tuer. »

Surtout, il relativise, car il reste encore beaucoup de travail pour les Lions indomptables, qui devront défendre ce titre en 2019 à domicile. Un sacré challenge.
« C’était notre finale, il fallait se réveiller et mettre les points sur les i », lâche Michael Ngadeu qui va dédicacer son maillot à sa mère.

Hugo Broos, le héros du Cameroun

« Dans cette victoire, tous les 23 joueurs ont apporté quelque chose. Sur le banc ou sur le terrain, on fait tous partie de cette équipe. Notre secret, c’était de se fixer des objectifs après chaque victoire. Peut-être étions-nous plus déterminés que les autres ? C’est une équipe de football, mais on dirait une famille. Nous étions 23 frères, et c’est un rêve, quelque chose que je n’ai jamais vécu », souligne Michael Ngadeu qui remercie Hugo Broos.

« Beaucoup ne croyaient pas en lui, je l'avoue. Beaucoup de Camerounais l'ont critiqué. Quand je voyais ce qu'on disait sur lui sur les réseaux sociaux, j'avais froid dans le dos... Mais aujourd'hui, nous n'avons rien fait, c'est lui le héros du Cameroun », ajoute Ngadeu.

Défaits lors de ses deux face-à-face en finale contre les Pharaons, d'abord en 1986 (0-0, 5-4 t.a.b.) puis en 2008 (1-0), les Lions indomptables ont enfin pris leur revanche sur leur bête noire, grâce notamment au coaching gagnant de Broos, qui a fait entrer en jeu les buteurs Nicolas Nkoulou (59e) et Vincent Aboubakar (88e).

« C’est la victoire du cœur pour cette équipe qui n’avait pas de star. Je les félicite, tout cela est mérité. Pour eux, c’est la meilleure manière de préparer la prochaine CAN au Cameroun », nous confie l’ancien international sénégalais El-Hadji Diouf. Fabrice Ondoa et Christian Bassogog, nommé meilleur joueur du tournoi, sont aujourd’hui des héros.

« Avec ce trophée, je suis certain que le peuple camerounais va nous accorder ce crédit qui nous a manqué ces dernières années », conclut Michael Ngadeu.

RFI n'est pas responsable des contenus provenant de sites Internet externes

Texte initialement publié sur : RFI

 

Et aussi