Crédit : RFI
Crédit : RFI

Dans les camps de déplacés à quelques kilomètres de Mossoul, certaines organisations humanitaires tentent de préparer l'avenir en aidant les enfants à reprendre le cours de leur vie. L'ONG française Triangle a ainsi créé un projet dans le camp de Khazir afin d'accompagner psychologiquement les enfants.

Avec notre correspondante à Erbil,  Oriane Verdier

Sous une tente du camp de Khazir, des dizaines d'enfants chantent assis par terre. Dehors, les plus grands jouent au relais. Zaïr, 10 ans, vient de gagner une course contre son camarade. Il est heureux. « Ça fait du bien de courir. On ne pense pas à Daech. Moi, je ne veux même pas en parler. Je veux tout oublier et des nouveaux souvenirs viendront remplacer les mauvais », confie-t-il.

Sa mère, elle, cuisine dans une autre tente, rassurée de savoir son fils entre de bonnes mains : « Le comportement de Zaïr s'est amélioré. Il aime apprendre et il nous respecte maintenant. Avant, mes enfants ne voyaient rien d'autre que les combats et les avions qui nous bombardaient. Nous avions peur en permanence. »

L'Organisation humanitaire Triangle a mis en place ce projet. Charlotte Morin gère cette mission d'urgence. « Pendant les deux ans et demi qui viennent de s’écouler, ils n’ont pas eu accès à l’éducation, aux jeux, à des échanges. Du coup, ils ont particulièrement besoin de se retrouver maintenant dans l’expression de soi, le jeu… Pour les cas de traumatismes, nos équipes réfèrent à des psychologues qui interviennent aussi sur le camp, des structures spécialisées en santé mentale », explique-t-elle.

De nouvelles arrivées massives attendues

Aujourd'hui encore, plus de 350 000 enfants seraient prisonniers de l'organisation Etat islamique sur la rive ouest de Mossoul. Charlotte Morin prépare donc son équipe de travailleurs sociaux à en accueillir des centaines d'autres. « On va retrouver comme au début des situations compliquées, notamment d’enfants séparés non accompagnés. Il faut un soutien d’urgence direct et être très réactif dans la réponse. Même si on a l’expérience des arrivées du mois d’octobre, on arrive dans une phase où il faut à nouveau se préparer à ces arrivées massives », prévient-elle.

Le chef du camp, Sadiq Mohamad Salah vient de visiter deux annexes construites pour recevoir les familles de la rive ouest de Mossoul. Pour l'instant, elles sont vides. « L'armée irakienne s'est équipée de petits bateaux pour créer une voie de fuite sur le Tigre qui traverse Mossoul. Mais pour l'instant, nous n'avons que deux ou trois familles de la rive ouest. Les autres préfèrent rester chez elles et attendre une occasion sûre de traverser la rivière et venir de ce côté de Mossoul, indique Sadiq Mohamad Salah. Pour l'instant c'est trop dangereux. Daech fait tout pour garder les gens dans leurs maisons, car s'ils ne sont plus mêlés aux civils, ils seront bombardés par les avions de la coalition et perdront rapidement la main. »

Un nouveau calvaire commence donc pour les civils de Mossoul-Ouest. Des milliers de familles devront choisir entre risquer de mourir chez soi ou en tentant de fuir.

RFI n'est pas responsable des contenus provenant de sites Internet externes




Texte initialement publié sur : RFI

 

Et aussi