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La "crise des réfugiés" est l'expression qui est dans toutes les bouches en Europe. Pourtant, la plus grosse crise migratoire sévit ailleurs et concerne les 16 millions de réfugiés installés sur le continent africain.

Ils sont plus de 200.000 réfugiés burundais à s’être entassés dans les trois camps situés à l’ouest de la Tanzanie. Déjà arrivés à saturation, ces camps continuent d’accueillir en moyenne 300 nouveaux arrivants par jour. Michel et sa famille ont fui le Burundi peu de temps après le putsch raté de 2015. Depuis près de deux ans dans le camp de Nyarugusu, ils manquent du stricte nécessaire.

« Des pois et de la farine de maïs, c’est tout ce que nous avons. Parfois, au bout de cinq jours nous n’avons déjà plus rien. Il faut attendre quatre autres jours pour les nouvelles rations. Nous n’avons rien d’autre à faire que d’attendre avec nos enfants qu’il y ait de nouveau à manger », raconte-t-il.

Vers une catastrophe humanitaire

Des tentes aux réservoirs d’eau, les installations sont dans un piteux état. Les écoles sont improvisées sous des bâches en plastique. Il n’y a pas assez d’hôpitaux ni de médicaments.

« Nous faisons tout notre possible pour les soins de santé. Mais les problèmes d’eau et de logements demeurent. Si l’on n’y change rien, avec l’afflux des nouveaux arrivants, ce sera un désastre. Le Monde doit intervenir avant qu’on arrive à la catastrophe », témoigne David Nash, coordinateur pays de l’organisation Médecins sans Frontières.

L’argent manque en Tanzanie et ce cas est loin d’être unique. Seul un quart des ressources nécessaires a été rassemblé l’année précédente pour la crise en République centrafricaine. Quant au camp de Dadaab, il refait les gros titres depuis que le gouvernement kenyan parle de le fermer. Pour l'écrivain Ben Lawrence, auteur d’un livre portant sur les réfugiés de Dadaab, l'attitude actuelle de l'Europe face à la migration ne fait qu'aggraver la situation des réfugiés sur le continent africain.

« Les pays riches ne veulent plus accueillir de réfugiés. C’est pour ça que les gens restent en rade dans les camps. Dadaab n’est qu’un exemple parmi d’autres. Actuellement, plus de 14 millions de personnes vivent de manière permanente dans des camps. Le million qui a migré vers l’Europe récemment n’est qu’une petite goutte d’eau dans l’océan ».

Si elles continuent à être oubliées du monde, ces crises migratoires en Afrique risquent bien de n'être jamais résolues.


 

Auteur : Eléonore d'Andlau-Hombourg

Première publication le 22.02.2017


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Texte initialement publié sur : Deutsche Welle

 

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