Crédit : RFI
Crédit : RFI

Voilà un mois que l'armée irakienne a lancé l'offensive sur la partie ouest de Mossoul toujours défendue par l'organisation Etat islamique. Cette rive-là du Tigre est beaucoup plus peuplée que la partie est, déjà sous contrôle irakien. Elle compterait 700 000 habitants, selon les Nations unies. Des habitants qui tentent de fuir les combats. Certains meurent en chemin, d'autres sont ensuite conduits par l'armée irakienne au sud de la ville, dans le camp d'Hammam al-Alil où ONG et autorités irakiennes peinent à répondre à l'urgence humanitaire.

Avec notre envoyée spéciale à Hammam al-Ali,  Oriane Verdier

Devant le camp d'Hammam al-Alil, sur un terrain vague couvert d'ordures, hommes, femmes et enfants sont attroupés autour de plusieurs pick-up. Des hommes des villages voisins sont venus distribuer de la nourriture aux dizaines de mains tendues.

Zahra sort de la cohue les mains vides, désespérée. « Si tu ne te bats pas, tu n'auras pas de nourriture. C'est de la boxe ! Et moi je suis enceinte, témoigne-t-elle. Chez nous, sous les bombardements, c'était mieux que d'être ici ! On dort tous dans un immense chapiteau. On n’a même pas de natte pour dormir dessus. On nous dit qu'il n'y a plus de place et qu'il faut attendre que d'autres camps soient finis d'être construits. Mais nous, on a tout laissé derrière nous, on n'a rien. Et encore, ce que vous voyez là, ce n'est rien, la nuit, c'est l'enfer ! »

Non loin de là, Nicolas Andrade tente de parer au plus pressé. Lui et son organisation humanitaire, Norwegian Refugee Council, ont repris la direction du camp il y a quatre jours. La tâche est immense. « Actuellement, à Hamman al-Alil, on est vraiment dans les premiers jours, donc on a eu surtout un afflux massif de déplacés. Il y a plusieurs milliers de déplacés qui sont arrivés chaque jour. Et normalement, avant 24 heures, ils sont censés repartir dans des bus vers des camps où il y a encore de la place. Mais la plupart des autres camps aussi sont pleins. On essaie de se coordonner avec les militaires qui gèrent le transport vers les autres camps, mais on a ce déséquilibre entre les arrivées et les départs qui fait qu’on a des gens qui restent coincés ici », explique-t-il.

Seulement 30% de la rive ouest de Mossoul a été libérée, selon les forces irakiennes. Des centaines de milliers de civils sont toujours pris au piège dans la deuxième ville d'Irak.

RFI n'est pas responsable des contenus provenant de sites Internet externes

Texte initialement publié sur : RFI

 

Et aussi