© InfoMigrants
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Face à la pression populiste, les gouvernements européens cherchent de plus en plus à convaincre les migrants de retourner chez eux. De nombreux Sénégalais installés en Espagne sont tentés par un retour au pays.

De nombreux migrants sénégalais ont rejoint l'Espagne il y a une dizaine d'années par bateau, via l'archipel des Canaries. Mamadou, lui, est arrivé il y a sept ans grâce à un visa touristique. Puis il y est resté. Marchand ambulant dans les rues de Madrid, il mène une vie difficile. "Je suis trop vieux pour ça. J'ai déjà 40 ans ! Je n'ai aucune perspective ici et ma famille me manque. Je veux rentrer."

Repartir à zéro

Au Sénégal, Mamadou aimerait repartir à zéro. Et rouvrir la ferme avicole qu'il avait abandonnée pour l'Espagne. Il compte à présent sur l'aide de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Vingt heures de cours y sont dispensées pour les migrants qui veulent rentrer au pays. C'est un peu le kit de survie pour un nouveau départ, comme l'explique Georgina Lara de l'OIM : "On parle de ce qu'est un entrepreneur, de ses dépenses et recettes mensuelles, de son contact avec les clients. On réfléchit aux lieux qui sont plus appropriés pour ouvrir une boutique. Par exemple, un endroit où il y a des clients potentiels. On explique aussi comment monter un projet et bien gérer son épargne."

Ceux qui souhaitent rentrer dans leur pays bénéficient d'une aide pécuniaire. L'OIM leur offre un billet d'avion, une aide de départ de 450 euros et 3000 euros pour ceux qui se décident à monter leur propre entreprise. Mais le retour reste un défi.

Revenir en Europe ? Jamais !

Ibrahima Sarr, lui, s'en est plutôt bien sorti. De retour au Sénégal , sur un marché de Dakar, il vend des bouillons cubes à une cliente. Derrière son comptoir s'empilent des boîtes de conserve en tous genres, des pommes de terre et autres marchandises :

"J'étais tellement nouveau. Et comme vous le voyez je suis en face de gens qui sont ici depuis des années. J'ai moi aussi mes techniques pour m'imposer. Je me déplace et je me rends au fin fond du Sénégal pour acheter les produits comme ça je contourne tous les intermédiaires. Et je vais vendre moins cher que les autres. Au départ j'étais seul, maintenant j'ai un employé."

Le retour au Sénégal ne se fait pas sans émotions. Les familles, qui ont investi beaucoup d'argent pour envoyer leurs fils en Europe, sont souvent déçues. Mais le rêve européen d'Ibrahima Sarr a volé en éclat. Le sentiment amer d'avoir gâché beaucoup d'années de sa vie l'emporte. Non, il n'y retournera pas !









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Texte initialement publié sur : Deutsche Welle

 

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