Crédit : RFI
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Au fur et à mesure de l'avancée des forces irakiennes dans la partie ouest de Mossoul sous contrôle de l'organisation Etat islamique, des milliers de civils quittent la ville, fuyant les violents combats. Ils sont conduits dans un premier temps au camp d'Hamam al-Alil. Certains d'entre eux peinent ensuite à rejoindre les zones libérées d'où ils sont en fait originaires.

Avec notre correspondante de retour d'Hamam al-Alil, Oriane Verdier

Devant le camp d'Hamam al-Alil, Mohamad discute avec ses anciens voisins. Arrivés il y a quatre jours, ils sont inquiets pour leur bétail laissé dans leur village au nord-ouest de Mossoul. « L'armée nous a ramenés ici. Les milices chiites nous ont ordonné de quitter nos maisons. Tout notre bétail est resté là-bas, enfermé dans les bergeries. Sans eau, sous le soleil, ils vont mourir. Ils ne nous laissent pas rentrer à part certains qui ont une autorisation officielle.

Ce sont les milices qui sont là-bas ! les chiites ! Ils disent que c'est pour notre sécurité, que la zone n'est pas complètement sécurisée, mais j'ai peur qu'ils ne nous laissent jamais rentrer chez nous ! »
Pour l'heure, Mohamad dort dans le stade de foot, à côté du camp déjà complet. C'est là qu'il a rencontré Ahmad, père de famille originaire de Domiz, un village repris à l'organisation Etat islamique par les combattants kurdes, il y a plus de deux ans. « Quand les affrontements ont commencé entre Daesh et les peshmergas, nous avons fui et nous n'avons pu qu'aller vers Mossoul.

Alors aujourd'hui les autorités kurdes pensent que nous avons collaboré avec Daesh. Mais nous ne sommes pas des guerriers nous sommes juste des gens qui fuient les combats et qui veulent retourner chez eux, parce que notre village est arabe, pas kurde. Ils nous disent qu'il faut attendre la libération complète de Mossoul pour qu'ils nous donnent l'autorisation ».

Derrière la lutte contre l'organisation Etat islamique se joue également un rapport de force entre les différentes entités militaires et politiques d'Irak. Un jeu dangereux pour les communautés habitant la région.


© REUTERS/Suhaib Salem

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Texte initialement publié sur : RFI

 

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