Credit: (picture-alliance/AP Photo/B. R. Smith)
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Aux États-Unis, le climat reste tendu après le nouveau décret anti-immigration signé par le président américain Donald Trump. L'immigration africaine aux États-Unis, quant à elle, ne s'y est jamais aussi bien portée.

Les immigrés africains représentent moins de 5% de tous les immigrés aux Etats-Unis, mais leur population est celle qui croît le plus vite, d'après une étude du Pew Research Center. Depuis 1970 sa population a doublé chaque décennie. Si l’intégration des Africains semble plutôt réussie, elle se fait à des degrés très divers. Pour Randy Capps, directeur de la recherche au Migration Policy Institute, "la plupart des immigrés africains ont un bon niveau d’éducation. Comme ceux qui viennent du Nigéria, première population d'immigrés africains aux États-Unis. Plus de la moitié d’entre eux ont au moins un diplôme universitaire. C’est pareil pour le Kenya et le Ghana. Ils s’en sortent très bien. Par contre les populations des réfugiés de Somalie, d’Erythrée, du Soudan et de la RDC sont plus diverses, elles sont moins qualifiées et elles s’intègrent moins."

Arrivées facilitées

Les États-Unis ont pratiqué ces dernières décennies une politique migratoire favorable à l’accroissement de la population africaine, à l’image de l’ambitieux programme fédéral d’admission des réfugiés. En 2016, presque la moitié des réfugiés venaient ainsi du continent africain. De même, les regroupements familiaux ont été facilités. Enfin, la loterie visa a permis aux populations subsahariennes, qui étaient mal représentées parmi les immigrés, d’arriver en plus grand nombre.

"Je suis venu comme la majeure partie des africains pour explorer les opportunités du rêve américain", raconte Kaaw Sow de l'Association des Sénégalais d'Amérique. Il a quitté le Sénégal il y a 18 ans et fait partie de ceux qui ont réussi. "Ce n'était pas tellement difficile de s'intégrer, grâce à des associations comme l'Association des Sénégalais d'Amérique, poursuit-il. On a toujours un membre de la famille qui vous héberge, qui vous oriente, vous guide dans un premier temps pour que vous puissiez prendre le train en marche."

Trump et les incertitudes

L’avenir s’annonce bien plus incertain. Le nouveau président américain Donald Trump tente coûte que coûte d’imposer un décret qui vise à interdire l’entrée sur le sol américain aux ressortissants d’une série de pays à majorité musulmane. Ce décret, baptisé "Muslim Ban" par ses détracteurs, touche particulièrement l’Afrique, puisque la Somalie, le Soudan et la Libye font partie de la liste des pays visés.

Pour Randy Capps du Migration Policy Institute, "il y a aussi quelques projets de loi présentés aux Congrès par les Républicains qui, s’ils étaient adoptés, toucheraient fortement l’immigration africaine, mais aussi les autres groupes de migrants. Certains parlent également d’éliminer la loterie visa. Ceci affecterait les migrants africains plus que les autres populations."









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Texte initialement publié sur : Deutsche Welle

 

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