Photo d'archive du camp du Basroch, à Grande-Synthe. Crédit : Mehdi Chebil
Photo d'archive du camp du Basroch, à Grande-Synthe. Crédit : Mehdi Chebil

La tuberculose menace à nouveau l’Europe alors qu’elle avait été maîtrisée pendant des décennies. Les premiers touchés par cette maladie hautement contagieuse sont presqu’exclusivement les migrants. Comment s’en protéger ? Quels sont les bons gestes à adopter ? InfoMigrants fait le point.

Les migrants, premières victimes de l’épidémie de tuberculose ? C’est en tous cas l’avis des experts de la santé publique. La Société européenne de microbiologie clinique et des maladies infectieuses (ESCMID) a dénombré 1 400 cas de tuberculose multirésistante (MR) chez des migrants dans 12 pays européens pour la seule année 2014. En Autriche, aux Pays-Bas et en Norvège 100% des cas concernaient des migrants et réfugiés, contre plus de 90% au Royaume-Uni, en France, en Italie et en Allemagne.

"La tuberculose est d’abord une maladie marqueur de la précarité", explique à InfoMigrants Janine Rochefort, docteur déléguée régionale de Médecins du Monde (MDM) qui travaille auprès des migrants du centre de la Chapelle et dans la rue. "Plus on vit dans un lieu qui n’est pas sain, plus on a de risques d’être contaminé". Deux facteurs expliquent que ces populations vulnérables sont des cibles parfaites pour la maladie : les mauvaises conditions d’hygiène et l’atmosphère confinée dans laquelle ils vivent en Europe.

Maladie contractée dans les pays d’accueil

La menace est si sérieuse qu’elle est considérée comme une "urgence sanitaire". "Même si elle reste limitée en Europe, la tuberculose multirésistante (MR) qui touche les migrants représente une priorité sanitaire", a ainsi alerté l’ESCMID. Cette dernière a appelé les autorités à améliorer le diagnostic, la prévention et le traitement chez les migrants.

Les spécialistes de santé publique jugent cependant que les migrants doivent être considérés comme une population vulnérable et non des propagateurs de la maladie même si la plupart des contaminations en Europe se font à l’intérieur de ces populations.

Si quelques migrants arrivent en Europe en étant déjà porteurs de la maladie, la majorité contracte la bactérie dans le pays d’accueil. Reste que la plupart des cas ne sont pas détectés, les pays européens n’ayant pas de politique organisée de dépistage. Pour ne rien arranger, certains migrants ne savent pas où se faire soigner, se voient refuser un accès aux traitements ou évitent d’être diagnostiqués par peur d’être expulsés.

Premiers symptômes : toux persistante, fièvre, amaigrissement…

Or la tuberculose peut avoir de graves conséquences. "Une personne atteinte de cette maladie et qui ne se fait pas soigner peut en mourir", insiste Janine Rochefort. Les premiers symptômes sont une toux persistante, de la fièvre, un amaigrissement, des sueurs nocturnes ou encore de la fatigue.

Si aucune mesure ne peut être prise pour s’en protéger excepté de vivre dans un lieu sain, il existe cependant des gestes très simples pour éviter la contamination comme porter un masque autour de la bouche. "La contamination se fait pas la salive donc quand une personne porteuse de la tuberculose tousse, elle peut transmettre la maladie à tout individu présent dans un rayon de deux mètres", explique Jeanine Rochefort, le médecin de MDM. La meilleure attitude à adopter reste évidemment de prendre rendez-vous à l’hôpital pour se faire dépister.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la tuberculose est l’une des 10 premières causes de mortalité dans le monde. En 2015, 1,8 million de personnes en sont morte et 10,4 millions en étaient atteintes.


 

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