Crédit : Capture d'écran Youtube
Crédit : Capture d'écran Youtube

Helen Storey, professeure de mode à l’université des Arts de Londres a eu l’idée de transformer une tente pour réfugiés syriens en robe. Objectif : ne pas oublier le conflit syrien.

Utiliser la mode pour parler des conséquences de la guerre. C’est le pari d’Helen Storey, professeure de mode à l’université des Arts de Londres. La créatrice a récemment transformé une tente de l’ONU servant d’abris à des migrants du camp de Zaatari (Jordanie) en une large et longue robe à capuche, aux faux airs de robe de gala. Le but : sensibiliser le public à la réalité de la vie quotidienne des réfugiés syriens.

"Nous utilisons la mode comme cheval de Troie et à partir de là, nous sommes capables de parler de choses plus sérieuses (…), d’une crise qui nous concerne tous", a expliqué à l’AFP la créatrice, à travers son initiative, baptisée Dress for our time.


La toile avait été jetée au moment où le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait remplacé les tentes du camp de Zaatari par des cabines métalliques. Helen Storey a toutefois tenu à utiliser la tente sans la nettoyer ni la retoucher. Résultat : la robe de couleur beige claire est frappée du logo bleu de l’agence onusienne ainsi que de quelques mots écrits au feutre orange. "C’était important que [la robe] ait une histoire, c’était le refuge d’une famille", explique l’universitaire.

Avant d’être exposée au Salon international d’aide humanitaire et de développement de Dubaï, la tenue avait été dévoilée en Angleterre. La chanteuse malienne Rokia Traoré, très engagée en faveur des migrants, l’avait d’ailleurs porté lors d’un concert à Glastobury, au Royaume-Uni.

À chaque fois qu’il est porté, le vêtement ne laisse jamais indifférent : il provoque confusion, amusement ou curiosité. L’ambassadrice du projet Louise Owen se rappelle de cette artiste syrienne qui en voyant la robe "a fondu en larme". Helen Storey rappelle que ce projet est "un outil pour encourager les Occidentaux à être beaucoup moins sur la défensive" au sujet de la crise en Syrie.

Le conflit qui est entré dans sa septième année a fait plus de 320 000 morts et provoqué le déplacement de plus de la moitié de la population.


 

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