Des autrichiens manifestent contre le racisme et la politique européenne en matière d'immigration. Crédit : Reuters / Leonhard Foeger
Des autrichiens manifestent contre le racisme et la politique européenne en matière d'immigration. Crédit : Reuters / Leonhard Foeger

En 2016, l’Autriche a enregistré une nette hausse des incidents visant des foyers de migrants. Alors qu’on en comptait 25 en 2015, ils étaient 49 l’année suivante. 

Graffitis racistes, jets de pierre contre les bâtiments, jets de cocktails Molotov ou encore dégradation des canalisations de gaz…. En un an, les incidents visant les foyers de migrants en Autriche ont presque doublé selon le ministère de l’Intérieur qui répondait vendredi 31 mars aux questions des parlementaires, passant de 25 en 2015 contre 49 l’année suivante. Selon le député du parti des Verts à l’origine de la question, Albert Steinhauser, 44 de ces cas étaient clairement motivés par la haine et les auteurs de la grande majorité d’entre eux n’ont pas été identifiés.

Un "baromètre de l’intégration" publié la semaine dernière fait également état d’une dégradation de la perception de l’immigration : 51% des personnes interrogées jugent mauvais "le vivre ensemble" avec les migrants, contre 43% un an plus tôt.

Depuis 2015, ce petit pays d’un peu moins de 9 millions d’habitants a reçu plus de 130 000 demandes d’asile, ce qui en fait l’une des principales destinations au regard de l’importance de sa population. Le parti d’extrême-droite autrichien FPÖ n’a pas hésité à surfer sur les inquiétudes suscitées par cet important afflux migratoire. Son candidat Norbert Hofer s’est même hissé au second tour de l’élection présidentielle qui a finalement été remportée par le Vert Alexander Van der Bellen.

Le ministère de l’Intérieur a également signalé  qu’un peu moins de cinquante incidents commis par des migrants eux-mêmes ont été répertoriés l’année dernière : actes de violence, menaces de mort, harcèlement ou vandalisme. "Nous supposons que les traumatismes, les expériences de guerre et de violence extrême jouent un rôle", a estimé le député Verts qui appelle ainsi à une meilleure prise en charge psychiatrique.

La coalition centriste au pouvoir à Vienne a d’ailleurs elle-même durci sa ligne en matière de politique migratoire et d’intégration des étrangers tout en prenant des mesures pour augmenter les expulsions de migrants dont les demandes d’asile sont rejetées. Le chancelier social-démocrate Christian Kern a également écrit à la Commission européenne pour que son pays, qui n’a accueilli aucun réfugié dans le cadre du plan européen de relocalisation, soit affranchi de cet engagement.

 

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