Crédit : Les Observateurs
Crédit : Les Observateurs

Donner des cours, jardiner, organiser des diners, des concerts pour créer des liens entre réfugiés et hollandais. C’est le pari relevé par le groupe "Volontaires Syriens aux Pays-Bas" créé en 2015 par de jeunes syriens désireux d’agir pour mieux s’intégrer à leur nouvelle société d’accueil.

Aujourd’hui, « Syriens volontaires aux Pays-Bas » est une association qui compte près de 600 bénévoles réfugiés et hollandais. Mohammed Badran, l’un des fondateurs, a même participé au Sommet des Nations Unies pour les réfugiés et les migrants le 19 septembre 2016. Récit d’un succès.

Mohammed Badran, 24 ans, est réfugié syrien d’origine palestinienne. Il a fui la guerre en Syrie en 2013 et a trouvé l’asile aux Pays-Bas. Après avoir travaillé dans un restaurant turc pour subvenir à ses besoins et apprendre la langue, il a eu envie de créer des initiatives avec ses amis syriens, afin de multiplier les occasions d’échanges avec les Hollandais et montrer que les réfugiés peuvent apporter une contribution positive au pays.


"Nous voulions prouver la capacité des réfugiés à être actifs dans la société"
Mohammed Badran est aujourd’hui membre du conseil d’administration de l’association "Volontaires syriens aux Pays-Bas" aux côtés de trois hollandais.

"Au début, nous avons commencé par intervenir dans des centres d’accueil pour réfugiés à Amsterdam, où la Croix Rouge et d’autres associations néerlandaises étaient déjà actives. Nous leur avons proposé de l’aide, pour les traductions par exemple. Ce n’était pas toujours facile de collaborer avec d’autres bénévoles. Nous avions l’impression qu’ils avaient eux aussi des préjugés sur les réfugiés. Nous voulions leur prouver que les réfugiés peuvent être actifs dans la société. Nous ne sommes pas seulement des victimes. Nous avons organisé des échanges sur nos langues, nos cultures.
Par la suite, nous avons souhaité multiplier les liens avec les Hollandais. Nous avons imaginé des projets communs, comme l’embellissement des jardins privés de maisons à Amsterdam.
Tous les lundis, « l’équipe verte » constituée de bénévoles viennent prendre soin des plantes des jardins, de personnes âgées par exemple, qui ne peuvent plus jardiner. Nous avons même organisé des cours pour que les bénévoles améliorent leur connaissance du jardinage.

"L’équipe verte" au travail

Photo prise lors du jardinage d’un des jardins par les volontaires à Amsterdam.

Nous organisons également des dîners, chaque semaine, pour réunir réfugiés et population locale, en collaboration avec l’association hollandaise "Haven Diners". Nous choisissons des lieux assez grands pour cuisiner et dîner tous ensemble.


diner

Vidéo, dîner à l’occasion d’un anniversaire


Nous avons d’autres projets en tête qui pourraient être lancés prochainement, comme ce bus qui parcourait Amsterdam pour donner à bord des cours en langue arabe et néerlandaise. Ce serait amusant de voir le paysage changer autour de soi en apprenant.


En septembre 2016, j’ai participé au Sommet des Nations Unies pour les réfugiés et les migrants. Nous tenions à ce que les réfugiés et migrants soient associés à l’événement. Nous avons donc lancé une campagne sur les réseaux sociaux les invitant à se faire entendre avec le hashtag #Refugees take action. L’idée était de secouer la communauté internationale et trouver une solution à la crise des migrants.



"Ma participation à ce sommet était intéressante, mais je crains que ce sommet manque d’une traduction tangible sur le terrain. Nous continuerons à inviter les jeunes à agir."

Article écrit en collaboration avec Dana Alboz de la rédaction des Observateurs.

 

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