La construction de la seconde clôture anti-migrants en Hongrie est achevée. Crédit : Ansa
La construction de la seconde clôture anti-migrants en Hongrie est achevée. Crédit : Ansa

Le gouvernement hongrois a annoncé vendredi que la construction de la seconde clôture anti-migrants le long de la frontière avec la Serbie était terminée. Estimé à 15 millions d’euros, le nouveau dispositif est équipé de caméras thermiques et d’alarmes. Se réjouissant de cette nouvelle, le secrétaire d’État à l’Intérieur a estimé que "la protection des frontières hongroises est désormais plus forte que jamais".

La Hongrie poursuit sa politique nationaliste et anti-migratoire. Annoncée début février par le chef de cabinet du premier ministre conservatoire hongrois Viktor Orban, la construction de la seconde clôture anti-migrants le long de la frontière serbe est achevée.

Le nouveau dispositif, dont le coût est estimé à 15 millions d’euros, est équipé de caméras thermiques et d’alarmes dans le but de rendre difficile voire impossible toute entrée clandestine sur le territoire hongrois. "La protection des frontières hongroises est désormais plus forte que jamais", a déclaré vendredi 28 avril devant la presse Karoly Kontrat, secrétaire d’État à l’Intérieur. D’autant que selon le gouvernement, le pays doit faire face à une nouvelle pression migratoire accrue avec le retour des beaux jours : "à l’approche de l’été, de plus en plus de migrants se mettent en route", a encore estimé Karoly Kontrat.

Le flux de migrants arrivant en Hongrie s’est pourtant nettement réduit depuis la conclusion de l’accord migratoire entre l’Union européenne et la Turquie en mars 2016 – seules 165 personnes ont franchi "illégalement" la frontière hongroise depuis le début de l’année, selon Budapest. Mais une rupture de cet accord, fragilisé par les tensions entre l’Europe et Ankara, aurait des "conséquences sans précédent", a prévenu le secrétaire d’État à l’Intérieur.

Depuis le mois de mars, les migrants qui veulent déposer une demande d’asile en Hongrie ne peuvent le faire que dans deux zones de transit à la frontière serbe, où l’accès au reste du pays leur est interdit. Cette mesure a été vivement critiquée par des ONG et le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR).

Ouvertement hostile à l’accueil de réfugiés, Viktor Orban avait fait construire une clôture de barbelés sur les 175 km de la frontière avec la Serbie durant l’été 2015, puis sur la majeure partie de celle avec la Croatie. Au plus fort de la crise migratoire en 2015, le pays avait vu transiter sur son sol quelque 400 000 migrants pour la plupart originaires du Proche et du Moyen-Orient, avant dans leur immense majorité de continuer leur route vers l’ouest de l’Europe.  Depuis deux ans, Viktor Orban s’est érigé en fer de lance européen de la lutte contre l’immigration, qu’il qualifie de "poison". Budapest est totalement opposé à toute relocalisation de migrants dans le cadre d’un plan européen.

 

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