C'est dans ce camion que la police a découvert les corps de 71 migrants. Crédit : Reuters
C'est dans ce camion que la police a découvert les corps de 71 migrants. Crédit : Reuters

Onze trafiquants répondront au mois de juin, devant la justice hongroise, de la mort atroce de 71 migrants, étouffés dans un camion frigorifique en Autriche, près de la frontière hongroise. Le parquet a requis la perpétuité contre quatre accusés.

L’histoire avait horrifié le grand public. Au mois d’août 2015, 59 hommes, huit femmes et quatre enfants, dont un bébé, mourraient d'étouffement dans le compartiment hermétiquement clos d’un camion frigorifique, parti de Hongrie, et retrouvé en Autriche.

Après enquête, cinq hommes, un Afghan considéré comme étant le chef du réseau et quatre Bulgares, avaient été arrêtés en Hongrie. Cinq autres arrestations avaient suivis peu de temps après. Les trafiquants ont été qualifiés "d’impitoyables" par Laszlo Nanasi, procureur général de Kecskemét (sud).

Jeudi 4 mai, le parquet hongrois a annoncé que ces onze suspects étaient renvoyés aux assises et précisé qu'il requerrait la perpétuité contre quatre des accusés poursuivis pour "homicides avec circonstance aggravante de cruauté particulière". Selon un porte-parole du parquet, Gabor Schmidt, "les auteurs savaient que les migrants suffoquaient, mais n'ont rien fait pour les libérer" du camion.

Le procès débutera courant juin, a précisé la Cour de Kecskemét, en charge du dossier. Des peines de prison fermes seront requises à l'encontre les sept autres accusés - six Bulgares et un Libanais -, a ajouté le magistrat.

1 000 à 1 500 euros pour passer en Autriche

Le 27 août 2015, la police autrichienne avait découvert le camion frigorifique abandonné sur une autoroute à Parndorf, près de la frontière hongroise, avec sa macabre cargaison à bord. Les enquêteurs avaient rapidement établi qu'il s'agissait de migrants qui fuyaient les conflits en Syrie, en Irak et en Afghanistan. Ils avaient été pris en charge par des passeurs en Hongrie, non loin de la frontière serbe.

Le dossier avait été transféré en Hongrie, après que les autopsies ont établi que la mort des 71 migrants était survenue alors que le camion se trouvait encore dans ce pays.

Les passeurs avaient généré d'importants profits en convoyant de février à août 2015 au moins 1 106 personnes à qui il était demandé de 1 000 à 1 500 euros chacune pour passer en Autriche, selon les enquêteurs. L'Afghan, chef présumé du réseau, était arrivé en Hongrie en 2013 et bénéficiait de la protection subsidiaire. Ses contacts en Serbie lui adressaient des migrants transitant par ce pays.

Le drame avait provoqué une onde de choc en Europe et favorisé l'ouverture momentanée des frontières aux centaines de milliers de migrants désireux de rejoindre l'ouest du continent.

 

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