Mary, nigérienne de 17 ans vit aujourd'hui en Italie. Crédit : Unicef
Mary, nigérienne de 17 ans vit aujourd'hui en Italie. Crédit : Unicef

Violences, persécutions, prostitutions…. À quelques jours du G7, l’Unicef publie un rapport sur la situation des mineurs isolés et entend ainsi alerter les dirigeants mondiaux à adopter un plan d’action pour garantir leur sécurité.

"Un enfant est un enfant", alerte l’Unicef dans son rapport paru jeudi 18 mai. À quelques jours du G7 qui réunit les grandes puissances économiques les 26 et 27 mai prochains en Sicile, l’Unicef espère alerter les pays sur la dramatique situation des mineurs isolés, dont le nombre a considérablement augmenté. L’ONG estime qu’au moins 300 000 mineurs ont voyagé seuls dans près de 80 pays sur une période de deux ans - 2015 et 2016, contre 66 000 en 2010 et 2011.

"Un enfant qui se déplace seul, c’est déjà un enfant de trop"

"Un enfant qui se déplace seul, c’est déjà un enfant de trop. Un nombre alarmant d’enfants est pourtant dans ce cas aujourd’hui et nous, en tant qu’adultes, ne parvenons pas à les protéger", affirme ainsi Justin Forsyth, directeur général adjoint de l’Unicef, dans le rapport.

Pour rédiger son rapport, l’ONG s’est appuyée sur plusieurs témoignages d’enfants, dont celui de Mary, un nigérienne de 17 ans. Cette dernière a déclaré avoir été violée en Libye par un homme, un passeur devenu trafiquant, qui lui avait promis son aide pour atteindre l’Europe. Après des mois bloquée en Libye, Mary a finalement pu prendre le bateau et se rendre en Italie. Mais, "maintenant, les gens qui ont payé mon voyage disent à ma mère ‘c’est l’heure de l’argent", a-t-elle encore déclaré à l’Unicef.

Comme Mary, en 2016, près de 92% des enfants arrivant en bateau en Italie sont venus seuls ou ont été séparés de leurs proches en cours de route. La majorité était originaire des pays africains comme l’Érythrée, le Nigéria ou encore la Gambie. Toujours selon le rapport, 170 000 mineurs ont demandé l’asile en Europe en 2015-2016 après avoir traversé la Méditerranée, où des centaines d’enfants se sont noyés l’année dernière.

"Défendre les enfants de ces prédateurs"

Alors que certains mineurs non accompagnés sont des orphelins, d’autres cherchent à rejoindre leurs parents déjà en Europe. Parfois, les parents pensent que les enfants "auront plus de chance d’être autorisés à rester" que les adultes, note l’Unicef.

Or sur la route ils sont les plus vulnérables et donc régulièrement, voire systématiquement, confronté aux persécutions. « Les trafiquants exploitent leur vulnérabilité à des fins personnelles, aident les enfants à traverser les frontières, seulement pour les vendre en esclavage et en prostitution forcée », a encore déclaré Justin Forsyth ajoutant qu’il était "inconcevable que nous ne défendions pas adéquatement les enfants de ces prédateurs".

L’ONG appelle ainsi les pays où les enfants se sont réfugiés à leur fournir de meilleurs services alors que beaucoup "attendent dans des abris surpeuplés, se retrouvent dans des camps improvisés ou sont exposés aux dangers de la vie dans les rues". Le rapport insiste sur le fait qu’un enfant ne devrait pas être mis en détention mais placé en famille d’accueil. En mars dernier, le Parlement italien a approuvé une loi pour protéger les migrants mineurs non accompagnés. Elle prévoit notamment l’interdiction stricte de renvoyer les mineurs à la frontière et leur garantit l’accès aux soins de santé.

 

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