Image d'illustration d'un jeune migrant en Libye. Crédit : Reuters
Image d'illustration d'un jeune migrant en Libye. Crédit : Reuters

Selon une agence gouvernementale suédoise qui a mené des examens médicaux sur des migrants, la plupart des demandeurs d’asile en Suède qui se déclarent mineurs mais dont l’âge est difficile à déterminer, s’avèrent souvent être en réalité majeurs. Mais l’Office des migrations estime de son côté que la cohorte des personnes concernées par ces examens n’est pas représentative. En France aussi, la question fait débat.

L’âge est une question cruciale pour les jeunes demandeurs d’asile. En effet, quand un migrant est déclaré mineur en France, il dépend automatiquement de l’Aide sociale à l’enfance et ainsi mis sous protection de l’État comme n’importe quel mineur isolé, qu’il soit Français ou non. Le jeune est alors pris en charge par le département : il est placé en foyer ou dans des hôtels et peut suivre une scolarité normale.

Marge d’erreur de 18 mois

Certains le savent et trichent de quelques mois ou quelques années. D’autres, pourtant mineurs, ne sont pas reconnus comme tel. En Suède par exemple, l’Autorité de la médecine légale a mené, sur demande de l’Office national des migrations, 581 examens médicaux. Selon les résultats, 76% "laissent supposer que la personne a 18 ans ou plus", et 24% "que la personne a moins de 18 ans". L’agence gouvernementale précise que "l’avis ne fixe pas l’âge exact d’une personne mais estime si la personne a moins de 18 ans".

Cependant, pour l’Office des migrations suédois, la cohorte des demandeurs d’asile concernés par ces examens n’est absolument pas représentative. "Si tous les (enfants) non accompagnés avaient subi un examen médical pour déterminer leur âge, les résultats auraient été probablement différents et auraient montré une courbe fortement inverse" avec une majorité de mineurs, a indiqué un responsable de l’Office, Daniel Salehi à l’agence de presse suédoise TT. Dans ce pays, les médecins déterminent l’âge probable à l’aide de radios de la dentition et d’une IRM des articulations du genou. Mais tous les experts sont unanimes : ces tests ne sont pas fiables, la marge d’erreur pouvant atteindre 18 mois. Un jeune qui dit avoir 17 ans peut donc être considéré comme majeur. 

>> À lire sur InfoMigrants : France : qu'est-ce que le statut de mineurs isolés ? 

"La plupart des jeunes qui font des recours sont réellement mineurs"

En France aussi la question fait débat. Afin de définir l’âge du migrant, les autorités pratiquent des entretiens et demandent - quand c’est possible – des documents originaux du pays d’origine (papiers d’identité par exemple). Or, la majorité des personnes qui fuient leur pays n’ont pas de justificatifs officiels.

L’entretien oral est donc primordial. Mais selon Corinne Torre, chef de mission France à Médecins sans frontières (MSF), "les mineurs ont l’impression d’être évalués à charge donc ils racontent des bêtises par peur de voir leur demande refusée et obtenir une protection de l’État". Si leur requête est déboutée, les migrants ont la possibilité de faire appel de la décision auprès du juge des enfants. Certains pratiquent alors des radios du poignet. Corinne Torre explique que "la plupart des jeunes qui font des recours sont réellement mineurs", et affirme que sur le territoire national, 50% de ceux qui font appel sont finalement reconnus mineurs et près de 80% à Paris. 

 

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