Des pirogues à quai à Soumbédioune, un village traditionnel de pêcheurs à Dakar, au Sénégal, en novembre 2020. Crédit : RFI / Charlotte Idrac
Des pirogues à quai à Soumbédioune, un village traditionnel de pêcheurs à Dakar, au Sénégal, en novembre 2020. Crédit : RFI / Charlotte Idrac

Partie de Gambie, l'embarcation a chaviré à 86 kilomètres au large de Saint-Louis, au nord du Sénégal. Repérés par un avion de patrouille espagnol basé à Dakar, tous les passagers ont été secourus par la Marine sénégalaise.

Le drame a été évité de justesse. Une pirogue avec 82 personnes à bord a chaviré en plein océan Atlantique, "suite à une entrée d’eau au niveau de la coque", a indiqué la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), jeudi. Elles ont finalement été secourues par deux vedettes de la Marine sénégalaise à 86 kilomètres au large de Saint-Louis, dans le nord du pays.

Partie de Gambie lundi 1er novembre, l’embarcation avait été repérée par un avion de patrouille espagnol, basé temporairement à Dakar dans le cadre de la coopération entre l’Espagne et le Sénégal contre l’immigration clandestine. 

"Grâce à l'action décisive des équipes des vedettes, tous les passagers ont été sauvés et embarqués à bord des navires de la Marine nationale puis ramenés sains et saufs à la base navale amiral Faye Gassama, avant d'être mis à la disposition de la police de l'air et des frontières", ont précisé les autorités à l'APS, l'agence de presse sénégalaise.

Interrogé par l'AFP, un responsable de la direction de l'information des armées ne s'est pas prononcé sur la nationalité des occupants de la pirogue. Souvent, "quand des candidats à l'émigration sont interpellés, ils refusent de décliner leur identité", a-t-il expliqué.

Quatre enfants morts dans un naufrage

Malgré les dangers, des milliers de candidats à l’exil prennent la mer depuis les côtes ouest africaines, en direction des îles espagnoles des Canaries. Sur cette route en plein océan, les naufrages sont nombreux. Jeudi 4 novembre, la presse espagnole a rapporté la mort, au large de Grande Canarie, de quatre enfants.

Un homme et au moins quatre femmes ont également péri dans ce naufrage, selon les témoignages des rescapés. Partie de Dakhla, au Maroc, l’embarcation transportait une cinquantaine de personnes, toutes originaires d’Afrique subsaharienne.  

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Deux jours plus tôt, le corps d’une femme "en très mauvais état" avait été repêché par les sauveteurs espagnols alors qu’ils se dirigeaient vers une embarcation en détresse.

Dans les bateaux, des personnes "ni pauvres, ni riches"

Parmi les personnes qui prennent place à bord de ces embarcations de fortune, nombreux sont les Sénégalais. Bien qu’aucune statistique ne précise exactement le nombre de candidats au départ, des données publiées par l’Union Européenne affirment que le Sénégal occupait en 2018 le 10e rang des pays d'origine représentés lors des traversées maritimes vers l'Europe.

D’après le programme de recherche "Migrations entre l'Afrique et l'Europe" qui a interrogé près de 2 000 migrants sénégalais, ces derniers prennent la mer, attirés par "la demande de main-d'œuvre en Europe". L'insécurité économique et les faibles revenus au Sénégal sont les deux autres facteurs majeurs cités par le panel et publiés sur le site The Conversation.

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D’après l’étude, "les personnes les plus susceptibles de migrer ne sont ni les plus pauvres ni les plus riches. La plupart des migrants disposent de ressources économiques qui leur permettent d’assumer les coûts de la migration ; ils ont fait des études de niveau moyen ou supérieur. Cette caractéristique augmente leurs chances de trouver un emploi en Europe et renforce leur motivation dans ce sens".

Des ambitions qui se heurtent à la réalité de la migration par la mer. D’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 800 personnes, dont 60 enfants, sont mortes ou portées disparues depuis le début de l'année en tentant de rejoindre les Canaries depuis l’Afrique.

 

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