La frontière entre la Hongrie et la Serbie. Crédit Reuters
La frontière entre la Hongrie et la Serbie. Crédit Reuters

La crise migratoire est une des thématiques "préférée" de l’extrême-droite européenne - qui accuse régulièrement les immigrés d’être responsables des maux de la société. Qui sont-ils ? Que reprochent-ils aux migrants et autres demandeurs d’asile ? Tour d’horizon.

Si vous venez d’arriver en Europe, vous ne les connaissez peut-être pas. Pourtant, de nombreux partis et mouvements d’extrême-droite existent sur le Vieux continent. La plupart d’entre eux sont légitimes au regard de la démocratie et du respect de la liberté d’opinion. Ils prônent généralement l’arrêt de l’immigration et les expulsions massives vers les pays d’origine, accusant les immigrés sans-papiers d’appauvrir le pays et de représenter un risque terroriste pour leurs concitoyens. Tous se rejoignent sur un même argument : "Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde". Tour d’Europe non–exhaustif.

FRANCE 

En France, l’extrême-droite est représenté par le parti politique Front national (FN) présidée par une femme, Marine Le Pen – qui est arrivée au second tour de l’élection présidentielle cette année (avant d’être battue par le président Emmanuel Macron).

Plusieurs mouvements proches du FN existent aussi, comme "Génération identitaire", par exemple. Cette organisation européenne raciste a récemment lancé une opération anti-migrants. Plusieurs de ses membres ont tenté d’empêcher la sortie en mer, le mois dernier, du navire humanitaire, Aquarius, qui sauve les migrants en Méditerranée.

Marine Le Pen, présidente du Front national

PAYS-BAS

Le parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders, connu pour ses positions anti-islam, est la deuxième force du parlement néerlendais, derrière les libéraux. Geert Wilders n'aime pas beaucoup les immigrés : pour preuve, son slogan de campagne fut : "Rendez-nous les Pays-Bas".

Le patron du PVV a aussi promis, s'il devenait Premier ministre, de fermer les frontières aux immigrés musulmans, d'interdire la vente du Coran et de fermer les mosquées. 

Pendant sa campagne électorale en 2014, Geert Wilders avait déjà tenu des propos racistes contre les Marocains - et il avait été condamné par la justice. 

Il vit aujourd'hui sous protection policière en raison des fréquentes menaces de mort lancées à son encontre. 

Geert Wilders (crédit : Reuters)

HONGRIE

En Hongrie, la présence de l'extrême-droite n'est pas anecdotique puisqu'elle est la deuxième force politique du pays au parlement. Elle est représentée par le parti Jobbik, et présidée par Gabor Vona.

Mais il n'y a pas que de Jobbik que les migrants et demandeurs d'asile doivent se méfier, mais de la politique menée par Viktor Orban, le Premier ministre nationaliste du pays. Ce dernier mène depuis plusieurs mois une campagne anti-immigration violente et xénophobe.

Au mois de mars 2017, la Cour européenne des droits de l'Homme a condamné la politique d'Orban qui a fermé ses frontières, construit une clôture anti-migrants et bafoué le droit d'asile. Orban et ses alliés du Jobbik ont adopté une loi qui place les demandeurs d'asile en détention systématique - sans leur permettre de voir un avocat ni de déposer un recours.

De nombreuses ONG s'alarment aussi des violences policières à l'encontre des migrants, certaines allant jusqu'à faire état de état de tortures.

Viktor Orban (crédit : Reuters)

AUTRICHE

En Autriche, l'extrême-droite est représentée par le parti FPÖ, fondé en 1956 par d'anciens nazis. Le candidat de ce parti, Norbert Hofer, a réussi à se qualifier pour le second tour de l'élection présidentielle en décembre 2016, avant d'être battu. 

Le pays n'est pas connu pour sa politique d'ouverture envers les réfugiés. Le Parlement autrichien a adopté en avril un projet de loi controversé qui limite de façon significative les conditions d'octroi du droit d'asile. La nouvelle loi prévoit notamment la possibilité de décréter un "état d'urgence" migratoire au cours duquel les migrants pourront être bloqués aux frontières sans même pouvoir formuler une demande d'asile.

Au mois de mars, l'Autriche avait déjà demandé à être exempté de l'accueil des migrants dans le cadre de la répartition des réfugiés dans l'Union européenne. 

En 2015, le pays avait accueilli quelque 90 000 réfugiés. Un chiffre correspondant à environ 1% de la population autrichienne. 

ALLEMAGNE

En Allemagne, le parti d'extrême-droite est représenté par L'Alternative pour l'Allemagne (AfD), dirigé par Frauke Petry. Ce parti de droite populiste, résolument anti-migrants, ambitionne, à l'occasion des législatives de septembre prochain, de devenir le premier parti de droite radicale à faire son entrée au Bundestag depuis 1945.

Un autre mouvement anti-immigrés et anti-musulmans a vu le jour en Allemagne en 2014 : Pegida, un groupe soutenu par divers mouvements d'extrême-droite, néonazis et qui reçoit également l'appui de l'AfD.

En 2016, l’Allemagne a enregistré près de 3 500 attaques contre des migrants et demandeurs d’asile, soit près de 10 agressions par jour. Plus de 950 structures d'accueil pour migrants ont également été prises pour cible. 

Manifestation de Pegida, à Dresde, en 2015 (Crédit : Flickr)

ITALIE

En Italie, c'est la Ligue du Nord qui incarne la droite dure. Depuis le début de la crise migratoire, le parti n'a jamais caché sa ligne anti-immigration.

En 2015, la Ligue du Nord de Lombardie avait d'ailleurs créé la polémique en appelant les communes de la région à refuser d'accueillir des migrants. La même année, des Italiens qui avaient accepté de loger des migrants chez eux ont reçu des menaces de mort .

En 2016, l'Italie a accueilli plus de 180 000 migrants sur ses côtes, en provenance de Libye.

GRECE 

C'est Aube dorée (AD), un parti néonazi et xénophobe de Nikos Michaloliakos, qui incarne l'extrême-droite en Grèce.

Ce parti politique a engrangé un nouveau succès aux législatives de septembre 2015 avec la réélection de 18 députés. 

Les sympathisants d'Aube dorée ont été accusés ces dernières années de mener des "chasses aux immigrés" et de s'en être pris à des campements de migrants, notamment sur l'île de Chios, non loin de la Turquie. 

Rassemblement de militants d'Aube dorée en Grèce en 2015 (Crédit : Reuters)

ROYAUME-UNI 

Le parti pour l'indépendance du Royaume-uni (Ukip), sans être qualifié d'extrême-droite, est farouchement anti-immigré et europhobe. 

L'Ukip est devenu en 2015 la troisième force politique du pays avec près de 13% des voix mais il ne dispose que d'un seul député au parlement. 


 

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