A Kecskemet, le 29 août 2015, des policiers hongrois escortent les trafiquants accusés d'être respondables de la mort de 71 réfugiés trouvés dans un camion frigorifique en Autriche. Crédit : Reuters
A Kecskemet, le 29 août 2015, des policiers hongrois escortent les trafiquants accusés d'être respondables de la mort de 71 réfugiés trouvés dans un camion frigorifique en Autriche. Crédit : Reuters

C'était le 27 août 2015. Alors que des milliers de réfugiés affluaient en Europe sous un soleil torride, un camion abandonné était découvert sur la bande d'urgence d'une autoroute autrichienne. A l'intérieur, les cadavres de 71 personnes. Des Syriens, des Irakiens, des Iraniens et des Afghans, morts étouffés par manque d'oxygène. Ils avaient été pris en charge par des passeurs en Hongrie, non loin de la frontière serbe, et voulaient rejoindre l'Allemagne. Le procès des trafiquants s'ouvre ce mercredi 21 juin en Hongrie car les victimes sont décédées alors qu'elles étaient encore dans ce pays.

Avec notre correspondante à Budapest,  Florence Labruyère

Des trafiquants « impitoyables », c'est ainsi que le parquet décrit les criminels dont le procès s'ouvre ce mercredi en Hongrie. Dans le box des accusés, neuf Bulgares et le chef présumé du gang, un Afghan de 30 ans. D'après le procureur, les criminels savaient que leurs victimes suffoquaient dans le camion, mais n'ont rien fait pour les libérer.

Le matin du drame, le camion chargé de réfugiés part à l'aube du sud de la Hongrie. A 6 heures, le chauffeur bulgare téléphone à son patron. « Ils tambourinent, est-ce que je leur donne de l'eau ? ». Le chef donne alors ses ordres. « Pas question de leur donner de l'eau. Il faut continuer. S'ils meurent, débarrasse-toi des corps dans une forêt en Allemagne. »

Les autorités hongroises avaient repéré les trafiquants et les avaient mis sur écoute 13 jours avant le drame. La police aurait-elle pu l'empêcher la tragédie ? C'est ce que soutient la presse allemande. Mais au téléphone, les criminels parlaient en pachtou, en bulgare et en serbe. C'est seulement après le drame que les autorités hongroises ont fait traduire et analyser ces données. Tout s'est passé trop vite, nous ne pouvions pas empêcher ce crime, soutient le procureur.

La découverte du camion charnier, contenant les corps d'hommes, de femmes, d'enfants, dont un bébé de 10 mois, avait provoqué une onde de choc en Europe. Elle avait favorisé l'ouverture momentanée des frontières et incité l'Allemagne à accueillir des centaines de milliers de migrants.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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