Des migrants subsahariens à leur arrivée en Espagne. Crédit : Reuters
Des migrants subsahariens à leur arrivée en Espagne. Crédit : Reuters

Les garde-côtes marocains ont porté secours à 120 personnes, dont 21 femmes et deux enfants, dans le week-end des 12 et 13 février au cours de plusieurs opérations de sauvetage en mer.

Samedi 12 et dimanche 13 février, les garde-côtes marocains ont porté assistance à 120 migrants en détresse en mer. Parmi les rescapés, pour la plupart originaires d'Afrique subsaharienne, se trouvaient 21 femmes et deux enfants.

Les personnes secourues ont reçu les premiers soins à bord des unités de la Marine royale, avant d’être acheminées vers les ports les plus proches du royaume, puis remis à la gendarmerie royale pour les procédures administratives d’usage, a précisé une source militaire.

Les tentatives de départs depuis les côtes marocaines vers les Canaries et l’Espagne continentale sont de plus en plus nombreuses, malgré les dangers de la traversée.

Plus de 4 400 personnes mortes ou disparues en 2021

Début janvier, l'ONG espagnole Caminando fronteras avait dressé un bilan des drames migratoires sur l’ensemble de l’année 2021, en s’appuyant sur les appels des exilés ou de leurs proches via ses numéros d’urgence. L’association avait recensé 4 404 personnes mortes ou disparues sur les routes maritimes vers l’Espagne. L’immense majorité de ces migrants (4 016) ont disparu en tentant d’atteindre les Canaries depuis les côtes ouest-africaines.

Ces chiffres font de 2021 l'année la plus meurtrière depuis au moins 2015, date à laquelle remontent les travaux de Caminandos Fronteras.

La route vers les Canaries, bien qu’extrêmement dangereuse en raison des courants, est plus empruntée ces dernières années en raison du renforcement des contrôles en Méditerranée. Depuis le 1er janvier 2022, 4 554 migrants ont débarqué dans l'archipel espagnol - contre 1 554 en Espagne continentale - d'après les données de l'Organisation internationale des migrations (OIM). Sur l'ensemble de l'année 2021, l'agence onusienne a comptabilisé plus de 21 000 arrivées aux Canaries.

Réseau de passeurs démantelé

Ces départs s'organisent dans la plupart des cas via des réseaux de passeurs installés dans le pays de départ et le pays d'arrivée. C'est le cas notamment dans l'enclave espagnole de Melilla où, début février, la police nationale espagnole a démantelé un réseau de passeurs qui faisait passer illégalement, par la mer, des personnes depuis le Maroc voisin.

Le modus operandi était le suivant : les trafiquants faisaient monter les migrants dans un bateau depuis le Maroc et les faisaient débarquer sur les côtes de Melilla. Le 9 janvier, la police a expliqué avoir arrêté les passeurs à bord d’un bateau de plaisance (battant pavillon espagnol) accompagnés de 18 migrants de diverses nationalités. Le prix payé par les exilés "variait en fonction de la capacité économique de chacun, allant de 500 à plus de 4 000 euros".

 

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