Des enfants attendent l'arrivée de l'aide humanitaire dans le camp de Bar Elias, l'un des plus grands du Liban. Crédit : Charif Bibi
Des enfants attendent l'arrivée de l'aide humanitaire dans le camp de Bar Elias, l'un des plus grands du Liban. Crédit : Charif Bibi

La semaine prochaine, la France va accueillir les premiers réfugiés syriens et irakiens venus du Liban via des couloirs humanitaires. Portée par Sant’Egidio, l’initiative qui existe déjà en Italie a pour but d’aider les migrants les plus vulnérables à venir en France sans affronter la dangereuse route de l’exil.

Accueillir les réfugiés en France en évitant qu’ils risquent leur vie sur la route de l’exil. Voilà le projet de la communauté Sant’Egidio de France qui s’est entourée de quatre associations catholiques et protestantes et a passé un accord avec l’Élysée pour mener à bien sa mission. D’ici la fin de l’année 2018, ce sont 500 réfugiés syriens et irakiens présents actuellement au Liban qui seront accueillis dans l’hexagone. Valérie Régnier, la présidente de Sant’Egidio France, fera un premier voyage au Liban la semaine prochaine pour accompagner à Paris quatre familles et un homme seul. Elle explique à InfoMigrants cette initiative.

  • Comment s’est mis en place le projet de Sant’Egidio ?

La France a suivi l’Italie qui en mai 2016 a accueilli ses premiers réfugiés via des couloirs humanitaires. Au vu de l’urgence et de l’ampleur de la crise migratoire, de la situation en Syrie qui ne s’arrange pas, Sant’Egidio France a pris exemple sur son voisin italien.

Ce n’est pas soutenable de voir ces bateaux de migrants arrivés sur les côtes italiennes avec des enfants en bas âge et des femmes seules et fragiles. Nous avons le devoir d’agir et surtout éviter qu’ils prennent la route de l’exil qui nous le savons est très dangereuse.

Grâce à cette initiative, ils arrivent donc en France de manière légale par avion depuis le Liban et ne risquent pas leur vie en Méditerranée.

>> À lire sur InfoMigrants : France : des "couloirs humanitaires" pour sauver les migrants des "traversées de la mort" 

  • Comment les réfugiés sont-ils sélectionnés ?

Nous sommes allés directement à la source, c’est à dire dans les camps au Liban.

Pour les sélectionner, le critère principal est celui de la vulnérabilité au sens européen du terme : les femmes seules, enceintes, ceux victimes de la traite ou de violences sexuelles, les personnes ayant des problèmes physiques et/ou mentaux. Des personnes qui ont besoin de soins ou qui ont des enfants en bas âge.

Le deuxième critère est que la famille ou la personne exprime sa volonté de venir habiter en France. Ce sont eux qui choisissent la France et non nous qui leur imposons.

Une personne de Sant’Egidio vit dans les camps au Liban, de manière complètement transparente, et peut ainsi voir qui a le plus besoin d’aide. Soit les personnes sont sélectionnées par ce biais, soit ce sont elles qui viennent directement vers nous. Ensuite, elles passent trois entretiens successifs. Enfin, on prévient le consulat de France sur place qui reçoit les candidats et leur délivre un visa.

>> À lire sur InfoMigrants : Couloirs humanitaires aériens pour les migrants: le rôle de Sant'Egidio 

  • Une fois arrivé en France, que se passe-t-il ?

Les migrants arrivent donc avec un visa pour asile. Après avoir pris contact avec l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), le statut de réfugié leur est délivré sous trois mois.

En ce qui concerne le logement, des collectifs ont été organisés un peu partout en France, principalement des paroisses catholiques et protestantes, pour les accueillir soit à domicile, soit dans des appartements privés.

Des cours de langues sont également dispensés afin qu’ils s’intègrent au mieux. Nous voulons un accueil humain et pas simplement délivrer un bout de papier. On se donne un an pour que les réfugiés trouvent leur autonomie.

À terme, on espère développer l’initiative en France et l’exporter dans d’autres pays européens. L’Espagne devrait être le prochain. On espère que l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique suivront.

 

Et aussi