Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian (g), aux côtés de l'Allemand Michael Roth (c) qui discute avec le chef de la diplomatie italienne Angelino Alfano, lors de la réunion sur les migrants à Rome, le 6 juillet 2017. Crédit : AFP
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian (g), aux côtés de l'Allemand Michael Roth (c) qui discute avec le chef de la diplomatie italienne Angelino Alfano, lors de la réunion sur les migrants à Rome, le 6 juillet 2017. Crédit : AFP

Les ministres des Affaires étrangères de pays européens et de pays africains d'origine et de transit réunis jeudi à Rome ont évoqué des pistes pour bloquer le flux des migrants au sud de la Libye.

Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

Cette réunion à Rome sur le thème de la crise migratoire s'est conclue par des engagements concrets de l'Italie. Le gouvernement va débloquer 10 millions d'euros pour aider la Libye à contrôler ses frontières avec le Niger, le Tchad et le Soudan ; 18 millions pour aider l'OIM à organiser en Libye les retours volontaires des migrants vers leurs pays d'origine ; 3 millions pour les opérations de lutte contre le trafic d'êtres humains.

Le chef de la diplomatie Angelino Alfano a tenu à rappeler que l'objectif prioritaire est de ralentir les flux de migrants  en direction de l'Italie. « Si on rend plus efficace le contrôle des pays de transit, il y aura moins de billets pour l’Europe vendus par la plus grande et la plus criminelle agence de voyage au monde, dirigée par les trafiquants d’êtres humains », a déclaré Angelino Alfano.

Rome a invité les pays africains à exprimer clairement leurs besoins et ceux de l'Europe à faire de nouvelles propositions pour répondre à leurs attentes.

Une déclaration d'intentions commune

Cette réunion à Rome en présence de représentants de pays africains (Libye, Niger, Tunisie, Egypte, Tchad, Ethiopie, Soudan), de l'UE (Allemagne, Autriche, Espagne, France, Pays-Bas, Malte, Estonie) ainsi que de hauts de responsables de l'ONU et de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), s’est achevée par la signature d’une déclaration d’intentions commune.

Cette déclaration préconise :

♦Des investissements en faveur des jeunes et des femmes dans les pays d’origine.
♦Un contrôle renforcé des pays de transit.
♦Une politique plus efficace pour les rapatriements forcés ou volontaires.

Mais concrètement, à ce stade, seule l’Italie a annoncé de nouveaux financements pour ces objectifs. L'Allemagne a toutefois promis 1 million d’euros pour l’aide à l’accueil des migrants dans les ports italiens.

Notre action doit en premier lieu porter sur la Libye et notre priorité doit être une sortie de crise dans ce pays clé pour le dossier migratoire. Il est possible aussi d’agir dans le voisinage sud de la Libye, au Mali, au Niger, en soutenant la coopération régionale et en renforçant les capacités de ces pays en matière de sécurité, et je pense en particulier à l’initiative prise par les cinq pays du Sahel pour assurer la propre sécurité de leurs frontières. Sur le volet externe, nous devons pleinement mobiliser les instruments qui sont à notre disposition, que ce soit le fonds fiduciaire d’urgence et le plan d’investissement externe. Nous ferons aussi preuve d’une grande fermeté notamment en rappelant le lien entre les politiques des visas et les politiques de retour. Enfin, nous devons réfléchir à des actions plus déterminées contre les passeurs, contre tous ceux qui les soutiennent. Et nous avons évoqué ensemble des initiatives possibles.

Texte initialement publié sur : RFI

 

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