Des policiers se tiennent devant un hôtel transformé en refuge pour migrants à Kranidi en Grèce en avril 2020. Image d'illustration. Crédit : Reuters
Des policiers se tiennent devant un hôtel transformé en refuge pour migrants à Kranidi en Grèce en avril 2020. Image d'illustration. Crédit : Reuters

À Péréa, près de Thessalonique, un foyer pour mineurs non accompagnés a été attaqué par des dizaines de jeunes armés de pierres. L’ONG Arsis, qui gère le lieu, a dénoncé une agression "raciste". Quelques heures plus tôt, un jeune Pakistanais de 16 ans avait été poursuivi et "frappé à la tête".

Les attaques contre les exilés se multiplient en Grèce. Jeudi 19 mai, un foyer pour mineurs non accompagnés de Péréa, non loin de la ville de Thessalonique, a été pris pour cible par des personnes armées de pierres et de bûches.

Selon l’ONG Arsis en charge du lieu, l’incident a débuté alors que six jeunes exilés qui se trouvaient sur une place non loin du foyer a été attaqué par un groupe de huit personnes. Un Pakistanais de 16 ans a été poursuivi et "frappé à la tête". Ses agresseurs lui ont également volé son téléphone portable. L’adolescent "s'est échappé grâce à l'intervention de deux passants", a rapporté Arsis.

L’agression ne s’est pas arrêtée là. Trente à quarante jeunes grecs se sont ensuite regroupés devant le foyer, rapporte toujours Arsis, et ont jeté des pierres, bûches et blocs de béton sur le bâtiment.

Alertée par des voisins, la police est intervenue rapidement et une enquête a été ouverte.

La structure gérée par Arsis héberge 25 mineurs non accompagnés.

Violences contre les immigrés en hausse

Selon des ONG grecques, la hausse des violences dirigées contre les exilés et les structures qui les accueillent en Grèce s’inscrit dans sur fond du procès en appel le 15 juin de la formation politique néonazie Aube dorée, dont 57 personnes avaient été condamnés à des lourdes peines en 2020.

Début mai, un travailleur pakistanais de 26 ans, qui rentrait des prières de fin du Ramadan avec d'autres musulmans, avait été blessé par balle à la tête par un chauffeur de taxi dans le centre d'Athènes.

>> À (re)lire : Hussein, migrant syrien, victime d’une attaque raciste : "Ils ont jeté des cocktails Molotov dans l’immeuble"

En août 2021, sept hommes avaient été arrêtés sur l’île de Crête. Ils étaient soupçonnés de s’être attaqués à un groupe de 13 travailleurs pakistanais. Des individus se seraient introduits dans les logements où vivent les travailleurs migrants, à Àgios Góergios. Ils les auraient alors "roués de coups", tout en détruisant le mobilier et en volant l'argent aux victimes, avait rapporté l'AFP.

Porte-parole de la communauté pakistanaise et président de l'Union des travailleurs migrants en Grèce, le pakistanais Javied Aslam avait confié au Monde, en octobre 2020, avoir dénombré des milliers d’agressions racistes contre des migrants dans le pays depuis 2009, grâce à un important travail de recensement.

 

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