Reuters/Regis Duvignau | Même si elle choque certains musulmans, l'interdiction du port du voile intégral dans l'espace public est une «mesure nécessaire» dans une société démocratique, a estimé ce mardi la CEDH.
Reuters/Regis Duvignau | Même si elle choque certains musulmans, l'interdiction du port du voile intégral dans l'espace public est une «mesure nécessaire» dans une société démocratique, a estimé ce mardi la CEDH.

L'interdiction du voile intégral dans l'espace public est une « mesure nécessaire » dans une société démocratique pour « garantir les conditions du vivre ensemble dans la société ». C'est la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) qui le dit—: elle a rejeté mardi 11 juillet deux plaintes de femmes musulmanes contre la Belgique, comme elle l'avait fait il y a 3 ans pour une musulmane française, et confirme ainsi sa jurisprudence.

Avec notre correspondante à Strasbourg,  Anja Vogel

En juillet 2014, les juges de Strasbourg avaient débouté une Française musulmane d'origine pakistanaise qui dénonçait l'interdiction par la France du voile intégral dans l'espace public qu'elle considérait comme une atteinte au respect de sa vie privée et de sa liberté de religion.

La Cour reprend aujourd'hui cette jurisprudence pour rejeter deux plaintes contre la Belgique de deux femmes belges musulmanes et d'une Marocaine installée dans le pays. La législation belge interdit le port en public d'une tenue cachant totalement ou partiellement le visage, elle concerne donc aussi bien le niqab que la burqa.

Les plaignantes assurent les porter par choix et dénoncent une discrimination et une violation de leur droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion et une atteinte à leur vie privée, la crainte d'être verbalisée les ayant contraintes à rester à la maison.

La CEDH ne dit pas que tous les pays doivent l'interdire, qu'il s'agit d'un choix de société, mais que les lois belges comme la loi française visent à assurer la sécurité publique, l'égalité entre l'homme et la femme et une certaine conception du vivre ensemble dans la société.

La Cour estime par ailleurs qu'il n'y a pas de discrimination puisque les législations visent toute personne qui se couvrirait le visage.

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Texte initialement publié sur : RFI

 

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