Un contrôle de police en mai 2017 à Sospel, dans la vallée de la Roya, à proximité de la frontière italienne. Crédit : Mehdi Chebil
Un contrôle de police en mai 2017 à Sospel, dans la vallée de la Roya, à proximité de la frontière italienne. Crédit : Mehdi Chebil

L'exilé égyptien, caché dans une fourgonnette frigorifique et touché par une balle perdue tirée par un policier français, est finalement décédé mercredi soir. Il se trouvait à l'arrière d'un véhicule conduit par un passeur et pris en chasse par les forces de l'ordre à Nice, dans le sud de la France.

Le migrant égyptien de 35 ans qui avait été atteint mercredi 15 juin par le tir d'un policier à Nice, est finalement décédé. L'homme "est décédé hier (mercredi) en début de soirée", a indiqué à l'AFP Parvine Derivery, procureur de la République adjointe de Nice, confirmant l'information initiale du quotidien Nice Matin.

Le policier auteur présumé des tirs a été momentanément placé en garde à vue à l'IGPN, où il a été interrogé dans le cadre d'une enquête ouverte pour "violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner", a précisé Mme Derivery. Le policier "fait état d'une légitime défense, évoquant des tirs de riposte face à un danger imminent".

Retour sur la journée du drame. Ce mercredi 15 juin, cinq migrants en situation irrégulière, dont la victime égyptienne, étaient cachés à l’arrière d’une camionnette frigorifique conduite par des passeurs dans la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne.


Carte de la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne
Carte de la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne


Alertés par leurs voisins italiens sur le passage en France d’un véhicule suspect, les autorités françaises avaient cherché la camionnette, l’avaient repéré et s’apprêtaient à l’appréhender dans la petite ville de Sospel, a précisé le procureur de la République de Nice, Xavier Bonhomme.

Mais à l’approche d’un barrage policier, les passeurs avaient refusé de s’arrêter. La police des frontières (PAF) s'était alors engagée dans une course-poursuite avec le véhicule, jusqu'à l'intervention d'un autre équipage une trentaine de kilomètres plus bas, sur une route escarpée près de Nice.

C’est à ce moment, selon le policier responsable des tirs, que la situation a dégénéré. "La camionnette aurait accéléré en direction (du) véhicule de police" et le fonctionnaires aurait alors "fait usage de son arme à quatre reprises" pour tenter de la stopper.


La petite ville de Sospel, à une dizaine de kilomètres de la frontière franco-italienne. Crédit : Flickr creativ commons
La petite ville de Sospel, à une dizaine de kilomètres de la frontière franco-italienne. Crédit : Flickr creativ commons


La fourgonnette avait réussi à s’échapper et a terminé sa fuite dans le quartier sensible des Moulins, à Nice, où elle a été abandonnée par son conducteur et ses deux passagers assis à l'avant. A l’arrière du camion, les cinq migrants ont alors été découverts, dont l’Égyptien de 35 ans blessé par balle à la tête et transporté "en urgence vitale absolue" à l'hôpital. Aucun d'entre eux n’a été touché par les tirs.

Le maire de la ville, Christian Estrosi, proche du parti présidentiel, avait apporté sur Twitter son soutien aux forces de l’ordre. "Je déplore bien évidemment les blessures occasionnées dans le fourgon mais elles sont le résultat d’un acte criminel auquel il était nécessaire de mettre un terme pour la sécurité de nos policiers et gendarmes afin d’éviter d’autres drames", a-t-il écrit.

La vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne, est, avec les Hautes-Alpes, un des points de passage des migrants entre les deux pays, après leur arrivée d'Afrique, via la Méditerranée. Selon les associations, au moins 30 exilés sont décédés à la frontière franco-italienne depuis 2015.

 

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