Le Geo Barents a secouru 659 personnes, dont environ 150 mineurs. Crédit : Raul Gallego Abellan / MSF
Le Geo Barents a secouru 659 personnes, dont environ 150 mineurs. Crédit : Raul Gallego Abellan / MSF

Après neuf jours d'attente en mer, le navire humanitaire Geo Barents a reçu l'autorisation, jeudi, de débarquer les 659 rescapés à son bord en Italie. Médecins sans frontières, qui affrète ce bateau, mais aussi SOS Méditerranée et Sea-Watch, qui ont sauvé des milliers de personnes des eaux ces dernières semaines, appellent l'Union européenne à l'aide.

Pour l’équipage et les rescapés du Geo Barents, c’est la fin d’une longue attente. Jeudi 4 août, le navire humanitaire affrété par Médecins sans frontières (MSF) a finalement reçu l’autorisation d’accoster à Tarente, en Italie. 

“Après près de neuf jours en mer, nos 659 survivants vont pouvoir débarquer dans le port de Tarente, s’est réjoui l’équipage sur Twitter. Cette période de blocage prolongé en mer est l’une des plus longues jamais vécues par notre équipe. Il ne faut pas que ça se reproduise.” 


Le navire avait procédé à onze opérations de sauvetage en mer entre le 25 et le 28 juillet. La grande majorité des naufragés sont des hommes, et 60 femmes se trouvent à bord. Environ 150 mineurs figurent également parmi les rescapés. 

Depuis ces sauvetages, le navire attendait en mer. Treize demandes de débarquement avaient déjà été lancées par l'équipage aux autorités italiennes et maltaises. Toutes étaient restées sans réponse, jusqu’à ce jeudi. 

Les ONG appellent l'Europe à l'aide  

Des milliers de personnes ont été sauvées entre l'Afrique du Nord et l'Italie ces dernières semaines par les différentes ONG opérant en mer : SOS Méditerranée, qui affrète l’Ocean Viking, MSF et Sea-Watch. 

Ces dernières ont publié un communiqué mercredi appelant l’Union européenne (UE) à reprendre ses activités de recherche et de secours pour les aider à répondre à l'afflux de migrants pendant l'été. 

>> À (re)lire : Pour la Cour de justice de l'UE, le nombre de personnes sur un navire humanitaire n'est pas un motif d'immobilisation

Les organisations demandent "aux États membres et aux États associés de l'Union européenne de mettre en place une flotte de recherche et de sauvetage adéquate, dirigée par les États, dédiée et proactive en Méditerranée centrale, ainsi qu'une réponse rapide et adéquate à tous les appels de détresse, et un mécanisme de débarquement prévisible des personnes rescapées". 

L'UE a mis fin à son opération controversée de lutte contre le trafic d'êtres humains en Méditerranée en 2020, la remplaçant par l'opération Irini, qui se concentre sur le maintien de l'embargo des Nations unies sur les armes à destination de la Libye. 


Depuis, le sauvetage des migrants a été laissé à la discrétion des États. Or, les ONG déplorent le fait que les pays ignorent les appels de détresse, voire travaillent avec les autorités libyennes pour y renvoyer les migrants. 

La Méditerranée centrale est la voie migratoire la plus meurtrière au monde, avec près de 20 000 morts et disparitions depuis 2014, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). 

L’Ocean Viking a débarqué dimanche 387 personnes dans le port italien de Salerne, tandis que le navire Sea-Watch 3 a débarqué 438 personnes à Tarente samedi. 

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires (Ocean Viking, Sea Watch, Mare Jonio...) sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde. 

 

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