Environ une centaine de personnes ont participé à l'événement "Walk into the light". Crédit : Paul Huf
Environ une centaine de personnes ont participé à l'événement "Walk into the light". Crédit : Paul Huf

En Allemagne, une randonnée nocturne rassemblant locaux et réfugiés a été organisée en juillet. Le but : mettre en contact les réfugiés à la recherche d'un travail et de potentiels employeurs. Mais aussi vaincre la peur de la nuit, dont nombre de migrants ont hérité durant leur exil.

Réunir ceux qui souhaitent s'engager auprès des réfugiés et créer des rencontres avec des employeurs potentiels. Telle est la mission de "Walk into the Light" (marche dans la lumière), une randonnée nocturne organisée en juillet à Munich, en Allemagne.

Pour sa seconde édition, l’événement, organisé par l’artiste et travailleur social Paul Huf, a rassemblé environ une centaine de personnes.

Après des présentations et un dîner, près de la moitié des participants se sont lancés dans un périple de 31 kilomètres en pleine nuit.


Les participants ont dîné ensemble avant de commencer la randonnée. Crédit : Lilly Binder
Les participants ont dîné ensemble avant de commencer la randonnée. Crédit : Lilly Binder


Le tracé a suivi celui la rivière Isar, qui traverse Munich, jusqu’à rejoindre la ville de Wolfratshausen.


Les participants ont parcouru 31 kilomètres à pied. Crédit : Google Maps
Les participants ont parcouru 31 kilomètres à pied. Crédit : Google Maps


Pour certains, l'expérience de la randonnée nocturne est un moyen d'appréhender la nuit autrement, en en faisant quelque chose de positif. Car, pour les migrants, la nuit est parfois synonyme d'angoisses. De nombreuses personnes ayant fui leur pays ont eu à traverser des forêts en pleine nuit lors de leur exil.

Hafez, un étudiant en art de 33 ans originaire de Syrie, en a fait l'expérience. "Pendant ma fuite, j'ai dû marcher pendant de nombreuses nuits et j'avais très peur, raconte-t-il en se remémorant son exil vers l'Allemagne. Mais désormais avec le projet 'Walk into the light', j'ai marché toute une nuit avec des amis et j'ai découvert la beauté de ce qui m’entoure."


Photo : Hafez Al Moussa
Photo : Hafez Al Moussa
Photo : Paul Huf
Photo : Paul Huf
Photo : Paul Huf
Photo : Paul Huf
Photo : Paul Huf/BR
Photo : Paul Huf/BR


La plupart des participants de la randonnée sont désormais réfugiés en Allemagne. Certains ont déjà trouvé du travail, d'autres sont encore à la recherche d’un emploi.

Parmi les randonneurs se trouvent aussi des Munichois occupant des postes de direction et recrutant des stagiaires motivés. Des employés municipaux, des bénévoles et des groupes d’amis font également partie du cortège.

Jon, 58 ans, est originaire du Royaume-Uni. Il vit à Munich depuis des dizaines d’années. "C'était ma deuxième 'Walk into the light', explique-t-il. La nuit intensifie le sentiment de faire partie de la nature. Partager cette expérience avec tant de personnes merveilleuses me procure une grande joie."

Après une nuit de marche, le groupe a assisté au lever du soleil au bord de l'Isar.


Photo : Paul Huf
Photo : Paul Huf
Photo : Paul Huf
Photo : Paul Huf
Photo : Paul Huf
Photo : Paul Huf


La randonnée s’est terminée par un petit-déjeuner à Wolfratshausen... et quelques pas de danse.

"À 6 heures du matin, on a dansé sur de la musique africaine, pour se détendre les muscles", sourit Caroline, une Munichoise de 35 ans. "Cette marche de nuit a été une expérience formidable, je suis heureuse d'être venue."

 

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