AFP/HASSAN JARRAH | Des réfugiés syriens dans un camp situé dans la vallée de la Bekaa au Liban, le 26 janvier 2016.
AFP/HASSAN JARRAH | Des réfugiés syriens dans un camp situé dans la vallée de la Bekaa au Liban, le 26 janvier 2016.

Plus de 7 000 réfugiés syriens au Liban ont regagné leur pays entre janvier et juin 2017. C'est ce qu'a affirmé récemment le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Des chiffres à prendre avec précaution, ils incluent les Syriens qui n'effectuent qu'une « visite temporaire ». Mais ils indiquent une légère inflexion. Au Liban, la question du retour agite le débat politique libanais. Sondés par l'ONU, la majorité des réfugiés disent souhaiter rentrer, pour peu que les conditions soient réunies. Reportage.

Avec notre envoyée spéciale à Al-Marj,  Laure Stephan

Abou Mohamed tient une petite épicerie dans un camp informel de réfugiés à Al-Marj, dans la vallée de la Bekaa. Ce père de famille est décidé, il veut rentrer chez lui à Homs : « Je veux rentrer pour la dignité de mes enfants, pour qu'ils puissent être scolarisés convenablement. Mes aînés étaient les premiers en Syrie. Je veux rentrer pour eux, ni plus ni moins, car moi, je n'ai plus d'avenir. »

Son objectif : que ses enfants soient scolarisées en Syrie à la prochaine rentrée. Abou Mohamed le dit : si son projet est possible, c'est à la fois parce que sa maison est toujours debout, et qu'il peut échapper à un recrutement dans l'armée.

Ce n'est pas le cas de la majorité des réfugiés du camp, affirme Ali, le responsable. « Il y a des gens qui pensent à rentrer, si la situation s'améliore. Mais il faut des garanties pour la sécurité, c'est le principal. Et puis, ici, les trois quarts des habitants ont perdu leur maison. »

La question de l'enrôlement est l'un des principaux obstacles à un retour. Abou Mohamed plaide pour une intervention de l'ONU auprès des autorités syriennes sur ce sujet. « Il faut que les Nations unies puissent aider, par exemple, pour faire en sorte que ceux qui rentrent ne soient pas directement incorporés dans l'armée, mais peut-être après six mois ou un an après être rentrés. Les aides financières c'est moins important, les Syriens sont des travailleurs ».

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Texte initialement publié sur : RFI

 

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