Les embarcations clandestines interceptées par la Garde maritime tunisienne sont coupées en deux pour empêcher leur réutilisation. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants
Les embarcations clandestines interceptées par la Garde maritime tunisienne sont coupées en deux pour empêcher leur réutilisation. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants

La Garde nationale tunisienne a repêché trois corps dans la nuit de mardi à mercredi au large du pays. Les migrants étaient portés disparus depuis dimanche. Quinze personnes de la même embarcation avaient alors pu être secourues par les garde-côtes.

Dans la nuit de mardi 6 à mercredi 7 septembre, trois migrants morts noyés ont été retrouvés en mer au large de Gabes, au sud de la Tunisie, a annoncé la gendarmerie. Ces personnes étaient portées disparues depuis plusieurs jours.

Leur embarcation, qui tentait de rejoindre l’Europe, avait fait naufrage dimanche près des côtes tunisiennes. Les garde-côtes avaient secourus 15 exilés, qui avaient alerté sur la disparition de trois autres compagnons de route.

En outre, deux passeurs présumés ont été arrêtés, indique la Garde nationale.

Des traversées de la Méditerranée en augmentation

Ces derniers jours, les tentatives de traversée ont été nombreuses depuis la rive tunisienne, à la faveur d’une météo clémente. Les autorités ont intercepté ou secouru quelque 500 personnes lors de plusieurs opérations menées depuis vendredi, selon des chiffres officiels.

Cet été, les départs de migrants ont atteint des niveaux records, en raison notamment d’une grave crise politico-économique en Tunisie. Le pays compte désormais quatre millions de pauvres, sur une population de 12 millions d’habitants.

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C’est une grande partie de la jeunesse qui tente désormais de prendre la mer. Début août, le départ du gardien de but du Club Sportif Sfaxien avait créé une onde de choc. Mohamed Ali Chelbi avait fait la Une des journaux tunisiens en postant des selfies sur les réseaux sociaux, alors qu’il se trouvait dans un canot de migrants à destination de l’Italie.

"J’ai choisi l’immigration clandestine à cause de l’injustice que j’ai subie en Tunisie. J’ai déposé une demande de visa et on me l’a refusée. J’ai des offres en Italie et là je suis dans un centre d’accueil", avait expliqué le joueur depuis l’Italie, dans une interview à la radio tunisienne Mosaïque FM.

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Son cas n’est pas isolé. En février, l’influence tunisienne Chaïma Ben Mahmoud avait elle aussi postée sur son compte TikTok une vidéo de son exil en mer, alors qu’elle se dirigeait vers l’île italienne de Lampedusa. La jeune femme de 21 ans, suivie par près de 140 000 abonnés, avait été vivement critiquée, accusée de véhiculer une vision glamour et faussée de la traversée de la Méditerranée.

En effet, la route vers l’Italie peut être extrêmement dangereuse. Même si la distance qui sépare les côtes italiennes et tunisiennes n’est que de 200 km, les forts courants et les embarcations en mauvais état qu’empruntent les exilés peuvent entraîner des drames.

Depuis le début de l’année, plus de 1 000 personnes sont mortes ou ont disparu en Méditerranée centrale en tentant de rejoindre l’Europe. L’an dernier, elles étaient un peu plus de 1 500.

 

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