Des migrants entassés sur le Sea Watch 3, le 11 septembre 2022. Crédit : Sea-Watch
Des migrants entassés sur le Sea Watch 3, le 11 septembre 2022. Crédit : Sea-Watch

Le Sea Watch 3, le Sea-Eye 4 et le Humanity 1 ont secouru ces derniers jours 765 migrants en détresse en Méditerranée centrale. Les trois navires humanitaires naviguent désormais près des côtes italiennes en attendant de se voir attribuer un port de débarquement.

Les opérations de sauvetage s’enchaînent au large des côtes libyennes. À peine arrivés dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone), les navires humanitaires se retrouvent débordés par les embarcations en détresse.

En seulement trois jours, le Sea Watch 3, de l’ONG allemande éponyme, a porté assistance à 428 personnes lors de 10 opérations au large des côtes libyennes. Le dimanche 11 septembre a été une journée particulièrement chargée pour l’équipage au cours de laquelle quatre opérations ont permis de prendre en charge 125 migrants.

La veille, 18 exilés avaient déjà pris place à bord du Sea Watch 3, tandis que dans la nuit du 9 au 10 septembre, 18 autres naufragés avaient été secourus par le navire humanitaire. Quelques heures plus tôt, ce sont 139 personnes réparties dans deux canots qui avaient été sauvées. Enfin, le 8 septembre, l’équipage avait porté assistance à 128 migrants, également dans deux embarcations. Parmi ces 428 rescapés, le plus jeune est un bébé de seulement deux semaines.

"Il est épouvantable que le sort de centaines de personnes doive reposer sur des acteurs civils alors que l’Union européenne et ses États membres ne se soucient pas des pertes humaines en mer", a déploré Sea-Watch sur Twitter.

En parallèle, le nouveau navire Humanity 1, de l’ONG allemande SOS Humanity, a secouru 208 exilés lors de trois opérations : 25 migrants le 10 septembre, 72 la veille, et 111 le 6 septembre.

Enfin, le Sea-Eye 4, de l’ONG allemande éponyme, a porté assistance à 129 personnes les 8 et 2 septembre.

Plus de 1 000 morts depuis janvier

À la date du 12 septembre, aucun bateau de la flotte civile n’était présent au large des côtes libyennes. Le Sea Watch 3, le Humanity 1 et le Sea-Eye 4 naviguaient lundi matin près de la Sicile, dans l’espoir de se voir attribuer rapidement un port sûr pour débarquer les 765 migrants secourus.

Si certains exilés sont pris en charge par des navires humanitaires, d'autres ont moins de chance. Les interceptions au large des côtes libyennes sont monnaie courante ces dernières années : entre le 1er janvier et 3 septembre, 15 076 personnes ont été récupérées en mer par les garde-côtes libyens et renvoyées dans les prisons du pays, où elles risquent d'être victimes de violences, de travaux forcés et d'extorsion. L'an dernier, elles étaient 32 425 à connaître ce sort, selon les données de l'Organisation internationale des migrations (OIM).

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D'autres quant à eux ne reviennent jamais des eaux méditerranéennes : depuis le début de l'année, au moins 1 033 exilés sont morts ou ont été portés disparus sur cette route migratoire. En 2021, ce chiffre s'élevait à 1 567. Mais le bilan pourrait être encore plus lourd, nombre de naufrages se produisant en mer sans laisser de traces.

La rédaction tient à rappeler que les navires humanitaires sillonnent une partie très limitée de la mer Méditerranée. La présence de ces ONG est loin d’être une garantie de secours pour les migrants qui veulent tenter la traversée depuis les côtes africaines. Beaucoup d’embarcations passent inaperçues dans l’immensité de la mer. Beaucoup de canots sombrent aussi sans avoir été repérés. La Méditerranée centrale reste aujourd’hui la route maritime la plus meurtrière au monde. 

 

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